Homélies de Dom Armand Veilleux
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27 October 2026 - Tuesday of the 30th week of the even-numbered year
Homily
These two parables are part of a group of four found in the three synoptic Gospels (Matthew, Mark and Luke), even though each of the Evangelists has placed them differently in his narrative. The other two are those of the patient farmer who has placed his seed in the ground and waits for it to grow, and that of the weeds mixed with the good seed, and which will only be uprooted when the seed has reached its full growth. All four parables speak of the same reality, that is, the apparent failure of Jesus in his preaching, or at least the slowness with which the results of that preaching were manifested.
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27 October 2026 - Tuesday of the 30th week of the even-numbered year
Homily
These two parables are part of a group of four found in the three synoptic Gospels (Matthew, Mark and Luke), even though each of the Evangelists has placed them differently in his narrative. The other two are those of the patient farmer who has placed his seed in the ground and waits for it to grow, and that of the weeds mixed with the good seed, and which will only be uprooted when the seed has reached its full growth. All four parables speak of the same reality, that is, the apparent failure of Jesus in his preaching, or at least the slowness with which the results of that preaching were manifested.
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27 octobre 2026 - Mardi de la 30ème semaine ordinaire, année paire
Homélie
Ces deux paraboles font partie d’un groupe de quatre paraboles qu’on retrouve dans les trois Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), même si chacun des Évangélistes les a placées différemment dans son récit. Les deux autres sont celles de l’agriculteur patient qui a déposé sa semence dans la terre et attend qu’elle croisse et celle de l’ivraie mélangée à la bonne semence et qui ne sera arrachée que lorsque la semence aura atteint sa pleine croissance. Toutes quatre paraboles parlent de la même réalité, c’est-à-dire l’échec apparent rencontré par Jésus dans sa prédication, ou au moins la lenteur avec laquelle se manifestaient les résultats de cette prédication.
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23 octobre 2026 – vendredi de la 29ème semaine (année paire)
Eph 4,1-6 ; Luc 12, 54-59
H O M É L I E
Nous terminons aujourd’hui la lecture de ce long chapitre 12 de l’Évangile de Luc, où celui-ci regroupe un grand nombre d’enseignements de Jésus prononcés en des circonstances différentes. Le fait que nous ignorons, dans la plupart des cas ces circonstances nous rend plus difficile l’interprétation de ces récits. Les deux petits « logia » d’aujourd’hui sont des paroles de sagesse qui peuvent évidemment être appliquées à toutes les situations.
Dans le premier cas, Jésus s’adresse à des agriculteurs et sans doute aussi à des pêcheurs de Galilée, qui ont appris à vivre en communion avec la nature et qui savent prévoir, en regardant les nuages et en examinant la direction du vent, quel temps il va faire le jour suivant. (Ils étaient sans doute aussi précis que nos météorologues de la radio ou de la TV qui nous annoncent parfois qu’il y a 50% de possibilité de beau temps ou 50% de possibilité de pluie). Jésus semble d’ailleurs admirer leurs aptitudes à prévoir le temps, et il leur reproche de ne pas savoir reconnaître aussi bien le temps où ils vivent.
Jésus appelle donc ses disciples à utiliser leur intelligence, leur expérience et leur jugement pour discerner les signes des temps. Ces signes ne révèlent pas leur signification sans une analyse sérieuse et approfondie. C’est là un aspect essentiel de la vie contemplative – une activité contemplative. L’attitude contemplative consiste à se tenir sans cesse à l’écoute de la Parole de Dieu. Or Dieu nous parle à travers les Écritures et la Tradition, il parle à chacun de nos coeurs, mais il nous parle aussi à travers les événements de la vie du Monde et de l’Église – ce que Vatican II appelle les « signes des temps ».
Nous, moniales et moines, qui ne sommes pas impliqués directement dans les grands travaux de la Société et de l’Institution Ecclésiastique, et pouvons regarder avec un certain recul l’ensemble du paysage, nous avons une responsabilité particulière de faire cette analyse. Il ne suffit pas de prier pour le monde en général et d’aligner des intentions de prières au fil des accidents ou des calamités. Nous avons le devoir d’analyser, avec toute la rigueur requise pour un discernement d’une telle importance, ces événements afin d’y « reconnaître le moment où nous sommes » pour employer l’expression de Jésus.
Lorsque le monde vit des catastrophes humaines d’une envergure particulière, c’est peut-être, au moins en partie, parce que les « spirituels » ont négligé de remplir cette tâche et ont laissé aux politiciens, aux économistes et aux militaires de faire tous seuls leurs analyses.
Évidemment, c’est aussi au niveau communautaire et au niveau personnel qu’il faut savoir reconnaître le temps où nous sommes, avec ses défis et ses grâces. Et à ce niveau également nous ne pouvons pas faire l’économie d’une analyse sérieuse, aussi bien communautaire qu’individuelle. Regardons sans cesse de quel côté se lèvent les nuages et dans quelle direction souffle le vent !
Armand VEILLEUX
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24 octobre 2026 – Dédicace de l’église de Scourmont
1Roi 8, 22-23.27-30 ; Actes 7,44-50 ; Luc 19, 1-10
H O M É L I E
David, après s’être construit un palais superbe, avait décidé -- dans ce qu’il concevait sans doute comme un moment de grande magnanimité -- de construire aussi une résidence à Dieu (« Voici que je vis dans un palais de cèdre et que Dieu vit sous la tente !) Et Dieu lui avait répondu : « Ce n’est pas toi qui me construira une maison ; c’est moi qui t’en ferai une. »
Il y a quelque chose de semblable dans l’Évangile d’aujourd’hui. Zachée veut voir Jésus. Zachée n’était pas précisément un pieux enfant de chœur. C’était un collecteur d’impôts, et même le chef des collecteurs d’impôts de Jéricho. Il était connu dans la ville comme un pécheur. Il avait cependant un coeur d’enfant. Il savait que Jésus allait passer par sa ville et il voulait tellement le voir, qu’il oublia pour un instant son importance et se mit à courir comme un enfant et grimpa dans un arbre pour le voir.
Que se passa-t-il alors ? – Les rôles furent renversés. Alors que Zachée voulait voir Jésus, c’est Jésus qui vit Zachée et le regarda avec des yeux pleins d’amour qui le transformèrent. Jésus leva les yeux vers Zachée dans son sycomore et lui dit : « Zachée, descends vite: aujourd'hui il faut que j'aille demeurer chez toi ». Jésus veut entrer chez Zachée – non seulement dans sa maison, mais dans son coeur et dans sa vie, qui s’en trouve transformée.
Nous pouvons alors comprendre pourquoi les églises chrétiennes ne sont pas d’abord des maisons de Dieu, mais des maisons du peuple de Dieu, comme saint Bernard nous le rappelait dans le texte que nous avons lu au deuxième nocturne des Vigiles, cette nuit. C’est que Dieu ne veut pas habiter dans des maisons faites de mains d’hommes, mais dans le coeur de chacun d’entre nous. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » nous dit saint Paul.
C’est parce que le Christ habite en nos coeurs que chaque fois que deux ou trois d’entre nous se réunissent au nom du Seigneur, il est là au milieu d’eux. Et chaque fois que nous nous réunissons dans l’église de notre monastère pour exprimer dans la prière commune cette communion dans la foi, l’amour et l’espérance, nous sommes Église, nous sommes Peuple de Dieu et Jésus est là, présent au milieu de nous. C’est d’ailleurs là la première forme de présence réelle du Christ dans l’Église. Et chaque fois que nous faisons ensemble mémoire de Lui dans la célébration eucharistique, il est là présent dans toute la plénitude de sa présence : deuxième forme de présence réelle.
Zachée n’est-il pas un peu chacun de nous ? Ou, plutôt, ne sommes-nous pas, chacun d’entre nous, un peu Zachée ? Saint Benoît, au début de sa Règle, dit qu’il a écrit celle-ci pour ceux qui, éloignés de Dieu par la désobéissance (ou le péché), veulent revenir à Dieu par la voie de l’obéissance. Si nous sommes venus au monastère c’est que nous étions des publicains, que nous n’avions pas la pauvreté du coeur prêchée par Jésus, et que nous cherchions une voie de conversion. Ce chemin de conversion nous l’avons trouvé dans la Règle de Benoît. Nous étions trop petits pour voir Dieu, et nous sommes montés dans notre sycomore, nous lançant sans doute avec une ardeur de novices dans l’observance de tout ce qui pouvait nous rapprocher de Dieu. Et puis, heureusement, un jour Jésus nous a dit : « Descends de ton sycomore. Ce n’est pas du haut de ton ascèse et de ta vertu que tu peux voir Dieu. C’est moi qui veux habiter chez toi, dans ton coeur. » Si nous avons entendu cette parole, si nous l’avons laissée pénétrer en nos coeurs, elle y a créé chaque fois une attitude de componction, et surtout de partage. Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.
Chaque fois que nous sommes fidèles à cet idéal de recherche de Dieu et de conversion, s’applique à nous la parole de Jésus qui termine l’Évangile que nous venons d’entendre : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
Armand VEILLEUX


