Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

33e dimanche ordinaire B - (Mc 13,24-32) - 18 novembre 2018

 Frères et sœurs, le cinéma aime à imaginer la fin de notre monde, et parfois le jour d’après, car dans les films il y a toujours des survivants. Et c’est eux que nous suivons, souvent dans un monde de chaos et de violence, un monde où il fait sombre, où tous les repères sont à réinventer.

25e dimanche ordinaire B - (Marc 9,30-37) - Septembre 2018

 Frères et sœurs, dimanche dernier nous entendions cette question de Jésus à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » (8, 29), question suivie par la confession de foi de Pierre : « Tu es le Christ ». Puis Jésus leur avait annoncé sa passion, révélant quel genre de Messie il était. Aujourd’hui, un chapitre plus loin, Jésus annonce pour la deuxième fois sa passion, et je vous propose d’accueillir ce qu’il nous y révèle de nouveau de son identité.

 21e dimanche ordinaire B - (Jn 6, 60-69) - Août 2018

 Frères et sœurs, pour le cinquième dimanche consécutif, nous entendrons le chapitre 6 de l’évangile de Jean. Depuis un mois, ce discours sur le pain de vie, nous l’écoutons et le méditons, en quelque sorte nous le goûtons et le mangeons, et aujourd’hui, l’entendant pour la dernière fois, un peu comme un livre que nous terminerions, nous en attendons la conclusion qui va rassembler tout ce que nous avons entendu et qui va nous en livrer tout le sens, toute la force. Or saint Jean nous dit que cet enseignement de Jésus est rejeté.

16e dimanche ordinaire B - Juillet 2018

 Frères et sœurs, dimanche dernier nous entendions l’évangile de l’envoi en mission des disciples ; aujourd’hui, c’est celui de leur retour où pour la première fois ils sont nommés apôtres, c’est-à-dire envoyés. Trois chapitres plus tôt, lorsque Jésus choisit les Douze, c’est « pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons » (Mc 3,14-15). Et c’est ce que nous relatait Marc la semaine dernière : « Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.

11e dimanche Ordinaire B - Marc 4,26-34 - Juin 2018

 Frères et sœurs, nous connaissons les premières paroles de Jésus dans l’évangile de Marc : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » (Mc 1,15). Ce règne tout proche, à portée de main, Jésus nous le décrit, nous le fait toucher, à travers des paraboles qui ont pour point commun la semence. La plus connue est certainement celle du semeur où Jésus développe les différentes façons d’accueillir sa Parole : il y a le bord du chemin, le sol pierreux, les ronces et enfin la bonne terre qui « produit 30, 60, 100 pour un. » (4,8). Dans les deux paraboles que nous venons d’entendre, Jésus ne met pas l’accent sur la capacité d’accueil des auditeurs, mais sur la présence et la puissance du règne.

Pentecôte - (Jn 15,26-27 ; 16,12-15) - Mai 2018

 « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (13). Frères et sœurs, en cette fête de la Pentecôte, nous célébrons cette venue de l’Esprit. Oui, l’Esprit est venu, l’Esprit vient, et il nous conduit, chacun et tous ensemble, dans la vérité tout entière. Et cette vérité, c’est le Christ. L’Esprit nous conduit vers le Christ, dans le Christ, dans la vie avec le Christ. Car comme on ne peut séparer le Père et le Fils, on ne peut séparer le Fils et l’Esprit : c’est par l’Esprit que le Fils agit ; c’est dans le Christ que l’Esprit agit.

4e dimanche de Pâques B (Jn 10,11-18) - Avril 2018

 Frères et sœurs, tout au long de l’histoire d’Israël, Dieu a veillé sur son peuple en le confiant à des hommes pour le guider sur le bon chemin, celui qui mène à la vie : il y a eu Moïse et Josué ou encore David, Salomon et leurs descendants. Mais il y a eu aussi le schisme entre les tribus d’Israël et de Juda, la prise de Jérusalem livrée aux flammes et au pillage, et la déportation, la dispersion du peuple de Dieu, parce que ces pasteurs n’ont pas écouté la voix du Seigneur.

Veillée pascale - Mars 2018

 Frères et sœurs, dimanche et vendredi derniers, nous avons réentendu les évangiles de la Passion qui se terminent par la mise au tombeau du Christ, qui s’achèvent dans le silence et l’absence. C’est dans ce même silence que nous nous sommes rassemblés, dehors, dans la nuit, d’où s’est élevé une flamme, un feu, une lumière, derrière laquelle nous avons voulu nous mettre en route, ensemble. Et c’est encore ensemble que, depuis la Genèse jusqu’à saint Paul en passant par les prophètes, nous avons entendu ces textes qui récapitulent l’œuvre de Dieu pour les hommes, son dessein de salut ; et nous y avons répondu, là encore ensemble, par autant de psaumes, comme dans une folle espérance, dans une folle attente.

Vendredi Saint - Mars 2018

 Frères et sœurs, la liturgie du Vendredi saint est sobre, dépouillée et il règne, en ce jour, une atmosphère silencieuse, austère voire pesante. Nous venons de réentendre le récit de la Passion qui, après la trahison, la violence et la mort, se termine par cette mise au tombeau qui nous plonge comme devant un vide, une absence, une attente. Alors oui, bien sûr, l’atmosphère devrait être lourde. Pourtant, nous le savons, chaque fois que nous perdons un être cher, sa mort apporte comme une lumière sur sa vie, sur le fil de sa vie que nous lisons et comprenons enfin : voilà qui il était et c’était beau, et c’était bon. C’est à cette même lumière que nous pourrions relire la mort de Jésus, sa mort éclairant sa vie et sa vie éclairant sa mort.