Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

23e dimanche A - Septembre 2017

 Frères et sœurs, dans le sport, la politique ou les jeux de hasard, il y a ceux qui gagnent et il y a, généralement plus nombreux, ceux qui perdent. C’est vrai aussi dans la société, au point que l’on nous encourage parfois, notamment dans de grandes écoles ou des multinationales, à être des gagnants, des vainqueurs, qui n’auraient pas à se préoccuper des autres, et encore moins de ceux que l’on appelle parfois, avec un pragmatisme glaçant, les perdants. Cette logique de compétition et de réussite à tout prix n’est évidemment pas celle de l’évangile et, nous l’avons entendu dimanche dernier, Jésus nous met en garde contre la tentation de vouloir « gagner le monde, si c’est au prix de (notre) vie » (16,26).

La Transfiguration - Août 2017

 Frères et sœurs, afin d’aborder un aspect du mystère de la Transfiguration, j’aimerais mettre en parallèle l’évangile de ce jour avec le chapitre 34 du livre de l’Exode. Il s’agit du passage où, après le don des tables de la Loi et l’épisode du veau d’or, Moïse remonte sur la montagne du Sinaï pour y rencontrer une nouvelle fois Dieu.

Alors pourquoi mettre ces deux textes en parallèle ?

D’abord, tout simplement à cause de la montagne, lieu de la rencontre de Dieu, lieu du don de l’Alliance, du don de la Loi.

 13e dimanche ordinaire A - 2 Juillet 2017

 Frères et sœurs, nous connaissons tous les évangiles où Jésus appelle ses premiers disciples. Nous y voyons André et Simon-Pierre, Jacques et Jean, « aussitôt », quitter leurs filets et leur barque, leur rivage, pour suivre Jésus. Il y a aussi Matthieu le publicain qui, sur un mot, un regard, se lève, quitte et suit.Ces passages sont pour nous, au sens propre, interpelant. Que s’est-il passé pour que ces hommes répondent ainsi, si rapidement, si facilement, à cet appel, à ce Jésus ? Oui, nous aurions aimé être là pour percevoir quelque chose de cette attirance irrésistible. Nous aurions même aimé être tout simplement à leur place pour être nous aussi, comme dans un élan, appelés, attirés, transportés, et vivre avec Jésus de Nazareth.

 Trinité A - Juin 2017

 La Trinité. Voilà un mystère indissociable de notre foi, un mystère sans lequel nous ne serions pas chrétiens, et pourtant un mystère qu’il nous est souvent malaisé d’expliquer tant il est difficile, voire impossible, de penser véritablement une distinction en Dieu lui-même, un Dieu unique en trois personnes, une « tri-unité ».

Alors, vous le savez, il serait inutile d’éplucher la Bible pour y chercher le mot « Trinité », car ce terme n’a été forgé que dans la seconde moitié du deuxième siècle.

 6e dimanche de Pâques A

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14,15) ; « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime » (21). Voilà ce que nous dit Jésus dans le premier et le dernier verset de l’évangile que nous venons d’entendre. Si nous cherchons dans l’ensemble de l’évangile de Jean quels sont ces commandements, ils se résument en un seul : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (15,12). C’est en vivant ce commandement que nous manifesterons notre amour pour Jésus, pour Dieu.

 4e dimanche de Carême A - Mars 2017

 Frères et sœurs, cet évangile est long, un chapitre entier de 41 versets, et il l’est d’autant plus qu’il aurait pu se terminer au verset 7 avec la guérison de l’aveugle. Alors qu’est-ce qu’a voulu nous dire saint Jean en le développant ainsi ? Eh bien certainement a-t-il justement voulu que nous ne nous arrêtions pas au miracle, mais à ce que ce miracle a à dire et à montrer. Nous serions en effet tentés de souhaiter comprendre, comme dans ce texte les voisins, les parents et les pharisiens, ce qui a bien pu se passer, comment cet aveugle de naissance a pu recouvrer la vue ?

8e dimanche ordinaire A - Février 2017

Aujourd’hui, avec cet évangile, Jésus nous interpelle directement sur le sens de notre vie. Qui servons-nous ? Qui est notre maître ? De quoi et pourquoi nous inquiétons-nous ? Et donc, qu’est-ce qui nous fait vivre ? Qu’est-ce qui nous motive et nous fait agir ? L’argent ? Le pouvoir ? Le savoir ? L’orgueil ? Le regard des autres ? Le plaisir ? Ou encore l’amour ? La justice ? L’espérance ou la foi ? Etc.

Immaculée Conception - Décembre 2016

 Frères et Sœurs, impossible de parler l’Immaculée Conception de Marie sans évoquer le péché originel. Alors, comme nous y invite la liturgie de ce jour, attardons-nous d’abord sur le récit de la Genèse que nous avons entendu en première lecture.

Nous savons tous qu’il ne s’agit pas là d’un fait historique, et il est donc inutile de garder dans un coin de notre tête l’amertume d’une faute ancestrale. Ce récit, emprunté aux mythes de l’Ancien Orient, a pour but d’éclairer la question de l’origine du mal.

Toussaint 2016 - (Mt 5, 1-12a)

 Frères et sœurs, en fêtant la Toussaint, nous vénérons les saints, grands et petits, connus ou inconnus ; nous célébrons la communion qui nous lie à eux ; et nous rappelons l’appel à la sainteté adressé à chacun de nous, la promesse de sainteté qui nous est faite [fête]. Oui, aujourd’hui nous pouvons dire que nous approchons du ciel, avec cette multitude de saints qui nous entourent, ces églises un peu plus remplies que d’habitude, et ce mot si désiré, si espéré, et ici scandé neuf fois : « Heureux ! » Lorsque les auditeurs de Jésus l’entendent le prononcer, ils peuvent eux aussi se réjouir et croire avoir atteint le but. Jésus vient en effet de proclamer que « le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4,17), et « de grandes foules le suivirent venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain » (Mt 4, 25), comme « cette foule immense, que nul ne pouvait dénombrer » dont nous parle l’Apocalypse (Ap 7,9). Et « Jésus gravit la montagne », le lieu de la rencontre avec Dieu, pour, nous l’avons dit, proclamer à nos oreilles et à nos cœurs, ce mot : « Heureux… ». Et alors tout s’enchaîne : Le royaume des Cieux, la consolation, la terre en héritage, le rassasiement, la miséricorde, la vision de Dieu, et être appelé fils de Dieu. Bref, notre « récompense est grande dans les cieux ! » Être ainsi comblé, c’est finalement ce à quoi nous aspirons et c’est ce qui nous est promis, ce qui nous est donné.