Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

 Baptême du Seigneur C 

Si vous avez déjà participé à un meeting politique, vous connaissez la mise en scène qui est élaborée pour mettre en valeur le chef ou le candidat du parti. Alors que la salle est comble, les intervenants se succèdent, ceux qu’on appelle des seconds couteaux, qui ne cessent de vanter celui à qui tout le monde pense, que tout le monde attend, mais qui n’est toujours pas là. Puis, un ténor du parti, un homme ou une femme d’un charisme certain, qui a déjà assumé de hautes responsabilités, et dont la valeur met d’autant en plus en évidence celle de celui qu’on attend, prend la parole.

 Immaculée Conception (2015)

 Ce matin nous avons la joie de réentendre ce beau texte de l’Annonce faite à Marie, de l’annonce du commencement de l’incarnation. Incarnation rendue possible par le oui sans réserve de la Vierge : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Ce oui, comme vous le savez, est réponse à une parole attendue et entendue ; à une parole dont Marie a reconnu la puissance, l’importance, la vérité ; à une parole, en conséquence, à laquelle elle s’est soumise, qu’elle a faite sienne, qu’elle a incarnée dans sa vie, dans son quotidien. Et c’est parce que Marie est cette véritable « servante du Seigneur », capable de dire un tel oui, et surtout de vivre ce oui sans jamais s’en détourner ;

 TOUSSAINT

 « Heureux ». Voici un mot presque magique, un mot qui fait rêver, qui dit ce à quoi nous aspirons et ce à quoi, finalement, nous sommes destinés : être heureux. Mais voilà, ce n’est pas si simple, et chacun ici pourrait en témoigner.

« Heureux », un mot qui pourrait aussi nous enfermer dans une dualité malsaine, comme si nous ne pouvions qu’être heureux ou malheureux. Et c’est là que vient souvent la question, celle que l’on pose aux jeunes mariés, ou encore au moine : « Alors ? Vous êtes heureux ? » Question à laquelle il faudrait répondre spontanément « OUI » avec un sourire jusqu’aux oreilles, comme si, contrairement à bien d’autres, nous aurions trouvé la recette du bonheur, ou tout simplement comme si nous saurions dire avec précision ce qui signifie « être heureux ».

 26e dimanche B

 On peut être un médiocre joueur de football, voire même ne pas y jouer, et en être néanmoins champion du monde. C’est ce qui arrive à tout un pays quand son équipe nationale remporte cette compétition. A défaut d’être Le Champion du monde, ces compatriotes sont, tous ensemble, champions du monde ; ce qui ne fait toujours pas pour autant de la plupart de grands joueurs de football…

 C’est un peu la même chose pour les disciples de Jésus. Comme nous l’avons entendu dimanche dernier, chacun voulait être le plus grand, mais Jésus a calmé prétentions et ardeurs en les invitant à devenir humble serviteur de tous pour être le plus grand.

Homélie pour la solennité du Corps et du Sant du Christ - (7 juin 2015)

 Frères et sœurs, la Cène s’inscrit dans la Pâque juive, c’est-à-dire la libération du peuple d’Israël. Pour éclairer le mystère que nous célébrons aujourd’hui et que nous vivons en chaque eucharistie, et puisqu’on ne peut pas tout dire, j’aimerais simplement relever ces deux dimensions : la libération, et la naissance d’un peuple, d’un corps.

 Dieu libère Israël et conclut avec lui une Alliance. Dans La première lecture, nous voyons Moïse asperger les Hébreux de sang, symbole de la vie, comme pour montrer que dorénavant cette Alliance leur est vitale : c’est une question de vie ou de mort.

Noël 2014 - Messe du jour

 Chers frères et sœurs, lorsque l’on est enfant ou lorsque vous étiez enfants, on vous a certainement demandé de faire un dessin pour Noël ou d’inventer une petite histoire. En regardant ou en écoutant votre réalisation, l’instituteur ou l’institutrice pouvait rapidement découvrir quelle idée vous vous faisiez de Noël : ce n’est en effet pas tout à fait la même chose de dessiner une crèche ou un Père Noël.

Aujourd’hui, c’est à moi que reviens la joie de vous partager ce qu’est Noël, ce que je crois ; de réfléchir avec vous sur ce que nous fêtons aujourd’hui avec des centaines de millions d’hommes, de femmes et bien sûr d’enfants.

33e dimanche ordinaire A

 Dans cette parabole, quatre personnages : un maître et trois serviteurs. Ou plus exactement, trois attitudes : celle du maître, celle des 2 premiers serviteurs et celle du troisième.

 Le maître, partant pour ce qui semble être un long voyage, confie ses biens à ses serviteurs, littéralement « il livre » ses biens. Ce voyage l’oblige à quitter ce qu’il possède en ce lieu. Ce maître, qui était certainement tout-puissant, se fait en quelque sorte pauvre, remettant sa richesse dans les mains de ses serviteurs à qui, finalement, il demande d’agir à sa place. Dans cet abandon, il ne prend aucune police d’assurance, en menaçant par exemple de représailles ses serviteurs s’ils devaient mal agir. Sa seule assurance, sa seule certitude, semble plutôt être la confiance et l’espérance qu’il a placées en ces hommes qu’il connaît.

 27e dimanche A

Nous sommes à la campagne, nous sommes de la campagne, alors peut-être pouvons-nous plus facilement « écouter cette parabole », comme Jésus le demande. Certes l’évangile, comme Isaïe dans la première lecture, parle d’une vigne, vigne qui symbolise le peuple de Dieu, et nous ne sommes pas dans une région de vignoble. Mais vigne, champ ou pâture, nous connaissons d’une part la question du rapport entre un propriétaire et son locataire, et d’autre part, le lien qui se tisse entre l’homme et le coin de nature qui lui est confié.

 23e dimanche A

 Le 18e chapitre de l’évangile de Matthieu, dont nous venons d’entendre un passage, est entièrement consacré au sujet de la vie communautaire : ‘Qui est le plus grand ?’, la brebis égarée, le pardon entre frères, et ici la correction fraternelle. Si l’évangéliste aborde ces questions, c’est parce que lui et ses frères sont confrontés à ces problèmes concrets : Comment agir ou réagir quand le comportement d’un chrétien l’écarte de l’Eglise ? Quand son attitude entraîne la zizanie ? Quand il commet un péché public qui éclabousse l’ensemble de la communauté ?