4ème dimanche du temps ordinaire   A   1 février 2026 

Mt 5, 1 – 12a

 

« Quand il vit la foule qui le suivait, Jésus gravit la montagne.

Il s’assit et ses disciples se rapprochèrent »

 

Frères et sœurs, amis en Christ, 

 

         C’est bien ce que nous vivons présentement, au sommet de la petite colline de Scourmont, en nous rapprochant les uns des autres pour entendre la Bonne Nouvelle, ces paroles du Sermon sur la montagne que Jésus adresse à ses disciples comme programme de leur ministère. Et si nous n’avons pas besoin de « gravir » la colline, nous avons à « élever notre coeur ». Nous venons d’entendre un message universel, oui, car il contient des mots qui font l’unanimité, et «  bonheur » est de ceux-là. 

Aujourd’hui, il est donc question d’être « Heureux . » Tous, nous aspirons à être heureux, pas seulement un jour, mais si possible toujours ! En effet, il y a en nous l’appétit du toujours, et le pressentiment de l’éternel.

Alors, à quoi, à qui pensons-nous lorsqu’on nous parle de bonheur et d’être heureux ?   Et, qu’est-ce-que le bonheur ? Quand pouvons-nous dire que nous sommes heureux ?   Vaste question qui nous interroge d’abord sur ce que signifie pour nous être heureux ! 

Une chose est sûre : dire ce mot suffit pour faire vibrer chacun de nous au plus profond, et c’est beau de voir que les disciples se sont approchés de Jésus pour l’écouter, intimité spontanée autour du Maître qu’est Jésus. 

Et moi, pourquoi suis-je venu à la messe ce matin ? Pour rencontrer les autres ? Pour apprendre des choses sur Jésus ? Suis-je vraiment venu pour rencontrer Jésus ? 

Le fait est que nous sommes là, et que Jésus peut nous instruire. C’est d’ailleurs ce que signifie le mot « disciple » : celui qui se laisse instruire par le Maître. Et que nous dit Jésus ? Que veut-il nous faire comprendre ? Précisément, que le christianisme n’est pas une morale, mais une rencontre. 

Les Béatitudes ne sont pas des exigences morales qu’il suffit de mettre en oeuvre pour goûter le bonheur d’une vie humaine vertueuse vécue sans Dieu. Non ! Notre appétit de bonheur nous appelle à nous convertir, et c’est pour cela, qu’à l’instar des disciples qui entourent Jésus, nous sommes en attente d’une parole, d’un geste qui puisse nous donner réconfort, espérance. Nous portons au plus profond de notre coeur cette parole de Jésus : « Venez à moi, vous qui ployez sous le fardeau. » Et Jésus répond à notre attente en venant nous dire que nous pouvons être heureux dès maintenant , mais que la joie véritable qu’il nous propose, est une conquête qui nécessite d’engager une lutte quotidienne. Le secret de la victoire, Jésus nous le donne. Ecoutons - le : 

- Être pauvre, c’est pratiquer l’humilité. Aux orgueilleux, les royaumes de la terre. C’est pas mal, mais c’est pour un temps limité ! Aux pauvres de coeur, aux humbles, le Royaume des cieux. Non seulement c’est plus que bien, mais c’est pour toujours ! 

- Être doux, non pas mou , pas non plus serrer les poings, mais chercher la main du frère pour lui apporter la douceur du coeur. 

- Ceux qui pleurent, les affligés : non pas faire partie des pleurnichards, mais savoir qu’il faut semer dans les larmes pour moissonner dans la joie.

Souvenons-nous que Jésus a pleuré dans sa vie. 

- Être de ceux qui ont faim et soif de justice. Ils sont comme des sentinelles de l’Evangile. De l’Église, ils font un lieu de justice et de liberté afin que l’humanité tout entière renaisse à l’espérance. 

- Les miséricordieux quant à eux, créent de l’amour pour réparer le péché, pour ouvrir l’avenir à leurs frères. 

- Avoir un coeur pur, c’est ne vivre que d’amour vrai, même s’il faut passer sa vie entière à le chercher pour le découvrir. 

- Être artisan de paix, c’est être une sentinelle vigilante qui se mobilise contre les malheurs que sont les guerres entre les nations, dans les familles… et contre soi-même. 

- Accepter d’être persécuté, non pas être mouton à tondre, mais femme et homme qui ne trahit pas dans l’adversité, qui reste fidèle aux valeurs de l’Evangile, quand bien-même il a la corde au cou, ou qu’un fusil est braqué sur lui. 

Mon Dieu, quel programme ! 

Frères et sœurs, ne nous décourageons pas. Avançons pas à pas. C’est dans notre faiblesse, et pas dans la mollesse, que se manifeste la puissance du Christ qui réalise en nous ce qu’il nous promet et qui nous comble de joie.

Rappelons-nous : « Quand il vit la foule qui le suivait, Jésus gravit la montagne . »

Je crois que suivre veut dire « imiter ». Alors, regardons Jésus. Ecoutons- Le. Imitons-Le. Nous avons là un bon guide de colline, des collines que nous appelons montagnes… Suivons-Le et remercions-Le de nous accueillir dans sa cordée.     Amen.