Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

Mercredi des Cendres

 Février 2021

 

Chers Frères et Soeurs, ce Carême qui s’ouvre devant nous est un temps pour revenir à Dieu de tout notre cœur, comme nous le dit le prophète Joël dans la première lecture. Et ce retour à Dieu, c’est celui auquel saint Benoît appelle le moine dès le deuxième verset de la Règle. Et toujours saint Benoît, nous le savons, nous invite à avoir une vie, “en tout temps, aussi observante que durant le Carême” (49,1). C’est dire l’importance de ce temps liturgique, qui n’est pas une simple paranthèse, un mauvais moment que nous aurions à traverser avant la joie de Pâques. Non, il semble plutôt qu’il ne peut y avoir de véritables fêtes pascales, de véritable résurrection dans nos vies,         sans ce passage obligé où germera en nous ce qui pourra éclater à Pâques. C’est donc fondamentalement un temps de libération, un temps qui ouvre à la vie. Ainsi, pour y entrer pleinement, la question que nous pourrions nous poser serait de savoir dans quelle mesure nous souhaitons vraiment nous ouvrir davantage à la vie ? Nous ouvrir à ce qu’elle nous propose de nouveau, d’inconnu ? Ou, a contrario, dans quelle mesure nous ne préférons pas nous cramponner au déjà vu ? Le Carême n’est donc pas une période sombre, mais un temps pour faire le choix de la lumière et de la vie.

Saints Fondateurs

(Mc 10, 24b-30)

                                                           26 Janvier 2021

Chers Frères et Soeurs, en cette fête de nos saints fondateurs, je vous propose de relire Le Petit Exorde, l’un des documents qui relatent la fondation et les débuts de Cîteaux.

3e dimanche de l’Avent B

(Jn 1,6-8.19-28)

Décembre 2020

Chers Frères et sœurs, nous connaissons la valeur littéraire et théologique du Prologue de saint Jean. Nombreux sont ceux qui ne sont pas restés indemnes de sa découverte, en tout cas pas indifférents. Ce prologue, ces mots, nous emmènent, nous élèvent, jusqu’à ce que la mention d’un homme, Jean-Baptiste, semble comme nous ramener, nous faire plonger dans l’ordinaire. L’évangile d’aujourd’hui, avec ces trois premiers versets tirés du Prologue, et les dix autres qui le suivent immédiatement, est donc peut-être pour nous comme un plongeon dans la personne de Jean-Baptiste, comme s’il nous fallait d’abord être baptisés en lui, par lui, avant d’accueillir un autre baptême, celui donné dans l’Esprit par Celui qui « se tient » « au milieu de » nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu

(Lc 2,16-21)

                                                                                                                      1 Janvier 2021

Frères et Sœurs, on dit parfois que pour chaque mère, son enfant est un dieu. Eh bien, aujourd’hui, il semble bien que ce soit vrai ! Marie a été reconnue par l’Eglise Mère de Dieu, Théotokos, c’est-à-dire celle qui engendre, enfante, accouche Dieu. En cette Octave de Noël, nous continuons donc de méditer le mystère de l’Incarnation du Verbe, Incarnation à la fois très concrète et en même temps si insondable. Lire l’Incarnation à la lumière de la proclamation de Marie Mère de Dieu, met en lumière la divinité du Christ, mais elle dit aussi l’œuvre du Christ en sa mère et en chacun de nous.

Homélie funérailles de Père Paul Roty

(Mt 25,14-29a)

18 novembre 2020 

Chers Frères et Sœurs, si nous avons choisi ce passage de saint Matthieu pour les funérailles de Père Paul, vous comprenez bien que ce n’est pas en raison du troisième serviteur. C’est cet évangile qui a résonné à nos oreilles, à nos cœurs, à nos vies le jour-même où Père Paul, « serviteur bon et fidèle… entrait dans la joie de son Seigneur. » Et si nous nous penchons sur son corps qui est là, au milieu de nous, nous pouvons – même si c’est évidemment subjectif - y percevoir un visage satisfait, qui savoure enfin pleinement de goûter ce qu’il a cherché toute sa vie, Celui pour qui il a œuvré dans la vie monastique pendant quatre-vingt-une années, Celui qu’il a profondément aimé. C’est ce qu’exprime notamment cette phrase que nous avons inscrite sur le faire-part, phrase écrite de sa main sur un petit bout de papier retrouvé parmi tant d’autres dans un de ses livres, phrase qui dit combien Père Paul désirait vivre auprès de son Seigneur, maintenant et éternellement : « Mon bonheur est immense quand je suis près de Toi »… « Mon bonheur est immense »…

Noël 2020

(Luc 2,1-14)

Frères et Sœurs, « je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, […] vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » Eh bien, après une année 2020 si compliquée, et face aux incertitudes qui pèsent encore sur nous pour 2021, il est bon d’entendre une bonne nouvelle. L’entendre et l’accueillir, l’entendre et la faire sienne, c’est-à-dire, comme les bergers, croire que cette annonce de l’ange est réellement pour nous, aujourd’hui, une bonne nouvelle, celle dont nous avons réellement besoin. Alors, dans le contexte qui est le nôtre, de quoi avons-nous besoin ? Sans forcément les opposer, avons-nous besoin d’ « un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur », comme l’annonce l’ange, ou avons-nous besoin d’un vaccin ? Assurément, si ce dernier est fiable, sans risque, un vaccin est évidemment le bienvenu, et je dirais même nécessaire. Mais, sans vouloir inquiéter personne, d’autres pandémies, d’autres catastrophes, d’autres bouleversements de notre quotidien et de notre monde sont encore à venir. Alors certes, il nous faut des remèdes, des solutions, du concret, mais il nous faut aussi apprendre à regarder le monde, notre vie, autrement, et peut-être tout simplement consentir à notre propre fragilité, comme semble nous le dire ce Dieu créateur et tout puissant qui s’incarne dans « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

26e dimanche ordinaire A

(Mt 21,28-32)

Septembre 2020

« Un homme avait deux fils » (28). Deux fils qui n’en font en réalité qu’un seul et qui nous ressemblent étrangement. Par exemple, il serait facile de relever en chacun de nous les divergences entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Nous pourrions aussi noter toutes ces fois où nous disons ‘non’, où notre premier réflexe est de ne pas vouloir, de penser : ‘laisse-moi tranquille’, ‘fais-le toi-même’ ou encore ‘demande à un autre’. Ces réponses ce sont celles que nous donnons parfois à nos proches, et ce sont celles que nous donnons aussi à Dieu. Ainsi, cet homme, ce père de la parabole, c’est Dieu, bien sûr, mais c’est aussi tout homme, toute femme, qui nous propose une relation de paternité, d’engendrement, de croissance mutuelle.