Homélies du Père Jacques Pineault donnée à Scourmont

A 27 MATTHIEU 21,33-43 (13) Scourmont : 04.10.2020 

Frères et sœurs, pour la troisième fois consécutive, la liturgie du dimanche nous parle de la vigne du Seigneur de l’univers. Nous avons entendu la parabole des ouvriers de la onzième heure ; puis celle du père qui avait deux fils, qui disent une chose et en font une autre ; et enfin aujourd’hui, celle des vignerons homicides. À travers ces textes, nous entendons des questions de la plus haute importance : Que faisons-nous de la vigne du Seigneur ? Ne savons-nous pas que nous en sommes tous responsables ? Certes c’est bien Dieu qui nous a créés ; c’est lui qui nous a donné la vie ; qui nous a aussi confié la responsabilité de la création. Les écologistes, croyants ou incroyants, nous le répètent constamment : Nous sommes responsables de notre Mère la Terre, de notre Maison Commune, dit le pape François. Un jour, nous aurons à rendre des comptes. Comment ça se fera ? C’est encore un mystère pour nous, mais les avertissements sont clairs.

A 21 MATTHIEU 16, 13-20 (12) Scourmont : 23.08.2020

Frères et sœurs, les trois textes bibliques qui nous sont proposés en ce dimanche nous montrent des personnes qui ont été appelées par Dieu pour une mission bien précise. Dans le texte d’Isaïe (22,19-23), c’est Eliakim qui est désigné. Il reçoit l’investiture pour remplacer un serviteur royal devenu trop ambitieux. Nous ne savons rien d’Eliakim. Son nom signifie : « Dieu l’a suscité ». Il fait désormais partie de ceux que Dieu a choisis pour conduire son peuple et en prendre soin. Ainsi peut-on dire que chacun de nous est suscité par Dieu pour une mission bien précise. Je ne suis pas sur la terre pour faire simplement un de plus ou une de plus.

A 18 MATTHIEU 14, 13-21 (8) Scourmont : 02.08.2020

Frères et sœurs, aucun autre épisode évangélique du ministère de Jésus ne nous est aussi souvent raconté que celui que nous venons d’entendre : nous en avons six relations dans nos quatre évangiles : chez Matthieu (14,13-21 ; 15,32-38) et Marc (6,30-44 ; 8,1-10), à deux reprises ; chez Luc (9,10-17) et Jean (6,1-14), une fois chacun. Il est à noter aussi que ce récit se présente toujours dans un contexte dramatique, où la question de la foi est brutalement posée aux disciples et à la foule.

A 14 MATTHIEU 11, 25-30 (10) Scourmont : 05.07.2020

 

Frères et sœurs, les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent dans ce que vit notre monde. Comment ne pas être accablés devant toutes ces souffrances, ces victimes de la maladie, de la haine, de la violence ou de l’exclusion ? Le risque est grand de se dire qu’au point où nous en sommes, il n’y a rien à faire qui soit en notre pouvoir. Mais voilà qu’aujourd’hui, la Parole de Dieu vient nous bousculer. Le message qu’elle nous adresse par l’intermédiaire de ses envoyés nous ouvre à l’espérance. Même dans les situations les plus désespérées, le Seigneur est là ; il ne nous abandonne pas. Nous pouvons toujours compter sur lui. Mais lui, peut-il compter sur nous ?

Solennité du Sacré-Cœur  

MATTHIEU 11,25-30

Scourmont : 19.06.2020

 

Frères et sœurs, la fête du Sacré-Cœur fait parfois horreur à certains catholiques, lassés de ses représentations religieuses plus proches d’un art fleuri que du génie artistique chrétien. Il serait malheureux d’en rester là et de ne pas scruter le Mystère du Cœur de Jésus. En réalité son humanité trompe « les sages et les savants » (Mt 11,25) désireux de contempler Dieu de manière plus désincarnée. Or le Sacré-Cœur est un mystère d’humilité qui ne se dévoile qu’aux « tout-petits ». Car c’est dans l’humilité et dans l’humanité d’un cœur humain que Dieu fait rayonner son être.

Le Sacré-Cœur est d’abord le mystère de Dieu manifestée en son Fils Jésus, « qui s’est abaissé lui-même, et a été obéissant jusqu’à la mort » (Ph 2,8). Le symbole du cœur est bien sûr à comprendre en son sens biblique qui désigne l’intériorité de la personne. Toutefois le Sacré-Cœur n’est pas une fête pour sentimentaux ou romantiques : c’est l’identité de Jésus qui se dévoile dans toute sa délicatesse et sa profondeur.

« Dieu est amour » (1 Jn 4,8.16), nous affirme saint Jean par deux fois, avec une audace théologique déconcertante : comment un homme, fut-il évangéliste, peut-il oser identifier le Dieu infini à un mot humain, même celui de l’amour ? Saint Jean affirme ceci comme le fruit d’une méditation de l’Écriture et de la vie du Christ. L’Amour qu’est Dieu ne s’est pas révélé de manière abstraite mais dans le concret d’une histoire. Il s’est manifesté au long de l’histoire d’Israël à travers les alliances renouées malgré les infidélités humaines.

Dieu n’a pas manifesté son amour de manière générale ou désincarnée ; il l’a fait dans les limites de l’espace et du temps, dans les limites de la vie humaine de Jésus de Nazareth.

Sa pleine révélation a eu lieu dans la vie de Jésus : en donnant sa vie pour ses amis et pour tous les hommes, le Christ nous a prouvé son grand amour, cet amour dont il n’y a rien de plus grand, puisqu’il est celui de Dieu même. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Pour saint Jean, reconnaître cette relation d’amour, c’est faire entrer Dieu dans sa vie.

Certes l’amour peut faire des déclarations, parfois solennelles. Mais surtout l’amour se révèle par des actes, par des gestes posés au quotidien ou lors de circonstances critiques. Le geste extrême de l’amour fut posé quand un homme innocent se laissa librement mettre en croix. Son symbole est ce cœur blessé, transpercé, exposé à nos regards. Certes cette démonstration d’amour est très humble. L’amour a en fait horreur de l’éclat. « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29), dit Jésus. Le chemin de l’Amour est celui de l’abaissement et de l’humilité : là est toute la vie du Christ. Saint Matthieu présente le visage humain de cet amour qui appelle à lui tous les petits pour les soulager de leur fardeau. Ainsi la fête du Sacré-Cœur nous dévoile l’humilité du Fils de Dieu qui n’a pas quitté les limites de son humanité pour nous prouver son amour. C’est dans son humanité que se cache sa divinité.

Cette humilité du Fils de Dieu peut devenir celle de ses frères, les enfants de Dieu par adoption que nous sommes. Méditer sur le Sacré-Cœur peut rend humble le cœur des fils de Dieu : car le disciple est appelé à devenir semblable au Maître. En effet, une affirmation centrale traverse nos deux premières lectures. « Si le Seigneur s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères » (Dt 7,7). Saint Jean confirme cette parole de Moïse : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés » (1 Jn 4,10).  Oui, Dieu a choisi Israël comme chacun de nous de manière libre et sans raisons humaines. « Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît pas », disait Pascal.

Une des plus grandes souffrances dans nos sociétés, c’est le mal d’amour. Combien de personnes croient qu’elles ne valent pas la peine d’être aimées ? Combien finissent par se convaincre d’être de trop et cherchent refuge dans des pratiques qui les détruisent à petit feu ? Combien arrivent à se donner la mort ? Trouver sur son chemin quelqu’un qui témoigne de l’amour de Dieu pour le monde représente une issue de secours, une bonne nouvelle.

Le Sacré-Cœur de Jésus devient alors bien plus qu’une dévotion. Il devient souffle de vie, tremplin vers la dignité. C’est le charisme de l’amour. Pour cela, un seul chemin, se mettre à l’école de Jésus et nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés, humblement et radicalement.

A SAINTE TRINITÉ JEAN 03, 16-18 (12)

Mes chers frères, dans la première lecture que nous avons entendue aujourd’hui et qui est tirée du livre de l’Exode (34,4b-6.8-9), nous lisons : « Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné » (34,4b). Il me semble qu’il est bon de contempler l’action de Dieu et la présence mystérieuse de la Trinité dans le rythme ordinaire de la vie des hommes et dans notre propre existence.

A PÂQUES 06 JEAN 14, 15-21 (12) Scourmont : 17.05.2020

Frères et sœurs, quand nous lisons le livre des Actes des apôtres, nous y découvrons comment la bonne nouvelle de l’Évangile s’est répandue. La croix du Christ a porté des fruits qui demeurent. Elle a donné de l’audace et de l’assurance aux disciples qui ont répandu la bonne nouvelle du Christ mort pour nos péchés mais ressuscité pour notre vie. Cela ne s’est pas passé sans persécution. Il y a eu la mort du diacre Étienne (Ac 7,54-8,1). Mais rien ni personne n’a pu arrêter la progression de la parole de Dieu. Le diacre Philippe est envoyé à Samarie, non pour s’y cacher, mais pour y prêcher (Ac 8,5-17). Tout cela, il l’accomplit en lien avec ceux qui lui ont confié cette mission. Ces derniers viendront de Jérusalem pour authentifier son apostolat.