Homélies du Père Jacques Pineault

A ÉPIPHANIE MATTHIEU 02,01-12 (18)

 

Chimay : 04.01.2026

piphanie 2026Frères et sœurs, les trois lectures de ce dimanche de l’Épiphanie nous font comprendre que le salut de Dieu est pour tous, sans exception. Ce n’est pas sans importance car, depuis les origines de l’humanité, des frères ennemis ne cessent de s’affronter : Caïn et Abel, les Hébreux et leurs voisins, sans compter toutes les guerres jusqu’à ce siècle. Colère et domination sont de toutes les écoles. La colère utilisée pour la domination est une forme de violence (verbale, physique ou psychologique) visant à contrôler, manipuler ou intimider autrui pour maintenir un rapport de force. Elle sert souvent à éviter les reproches, assoir une hiérarchie ou masquer une insécurité. Cette dynamique de contrôle coercitif peut dégrader la santé mentale et physique de la victime.  Dès le début, l’histoire est faite de violence et de fureur. Mais, « le vrai combat, ce n’est pas contre l’autre… c’est contre ce qui éteint l’amour en nous. Tant qu’on refusera de pardonner, de partager, d’écouter… la guerre aura toujours une place ». Or voilà que les textes bibliques d’aujourd’hui nous annoncent une bonne nouvelle : c’est la réconciliation et l’amour qui auront le dernier mot, pas la colère.

Le livre d’Isaïe (Is 60,1-6) annonce la fin d’une période sombre pour le peuple de Dieu : « Debout, resplendis ! Elle est venue la lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ! » (Is 60,1). C’est le salut de Dieu qui est donné à son peuple. C’est une période nouvelle et heureuse qui commence. Même les contrées lointaines reconnaîtront le Seigneur. « Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur » (Is 60,6). Ces foules qui se mettent en route vers la lumière nous font penser aux mages venus d’Orient. Comme eux, nous sommes tous appelés à aller vers celui qui est la « lumière du monde » (Jn 8,12). Le rayonnement de l’Église, comme celui de Jérusalem autrefois, ne tient pas à elle-même, mais à la présence lumineuse du Seigneur.

L’apôtre Paul va dans le même sens (Ep 3,2-6). Son message fait suite au bouleversement extraordinaire qu’il a vécu sur le chemin de Damas (Ac 9,1-19). Il y a reçu une grande révélation : le salut de Dieu n’est pas réservé au seul peuple que Dieu s’est choisi. Il est également offert aux nations païennes du monde entier. « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ep 3,6). Cette révélation extraordinaire fait exulter le cœur de Paul. En Jésus ressuscité, c’est l’amour universel de Dieu qui a le dernier mot sur la violence et le rejet. C’est-à-dire que le mystère du Christ se révèle pleinement lorsqu’il introduit tous les peuples dans son corps qui est l’Église.

Dans son Évangile, saint Matthieu nous propose des pages apparemment plus modestes. Il nous parle de ces mages venus d’Orient. Ils ont découvert une étoile qui annonçait la naissance d’un nouveau roi. Ils ont tout quitté, ils se sont mis en route pour se prosterner devant ce Roi. La marche laborieuse des mages à la lumière de l’étoile évoque celle de la foi à la recherche du Christ. Mais quelle joie lorsqu’il se montre à nous ! C’est ainsi que des païens sont les premiers adorateurs du Fils de Dieu. C’est déjà une annonce de ce qui se passera après la résurrection : la lumière qui brille dans la nuit de Bethléem rayonnera jusqu’aux extrémités de la terre.

Sur leur route, les mages ont rencontré les chefs des prêtres et les scribes. Ces derniers savent tout sur la Bible. Ce Messie qu’ils attendent de tous leurs vœux dans la prière doit naître à Bethléem ; cela, ils le savent mais ils ne bougent pas. Ils restent enfermés dans leurs certitudes, leur « intime conviction ». Ils ne laissent pas à Dieu la chance de se manifester comme il l’entend. Ils ne laissent pas Dieu être Dieu et se manifester à la grandeur de l’univers. Tout l’Évangile nous dit que le Seigneur est venu pour tous ; mais rien ne se passera si nous ne sortons pas de nos certitudes et de notre confort pour aller à la rencontre de celui qui est la « lumière du monde ».

Saint Mathieu nous parle aussi d’Hérode. C’est un roi violent, puissant et meurtrier. Il n’hésite pas tuer tous ceux qui s’opposent à lui, y compris ceux de sa famille. Quand il entend parler de ce roi qui vient de naître, il voit en lui un concurrent dangereux qu’il faut éliminer. Aussi Hérode accomplira le premier acte de guerre contre Jésus qui va faire mourir des innocents. Et tout au long des siècles, les disciples de Jésus seront persécutés, mis à mort ou tournés en dérision. Et comment ne pas penser à tous les intégrismes laïcs ou athées qui font tout pour éliminer la foi chrétienne au nom de la liberté ou de la laïcité ?

Mais rien ne peut empêcher Dieu d’appeler à lui tous les hommes. Son salut est offert à tous. À travers les mages qui viennent au berceau de l’enfant roi, ce sont tous les peuples qui sont appelés. Dieu est celui qui veut faire miséricorde au monde pécheur. Les étrangers, les païens ont toute leur place dans son cœur. Au soir de l’Ascension, lui-même s’adressera à ses apôtres pour les envoyer en mission : « Allez dans le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à toute la création » (Ac 1,8).

On raconte que pendant les congrégations générales des cardinaux qui préparaient l’élection d’un futur pape, le futur pape François, qui n’était encore que le cardinal Bergoglio proclama : « Dans l’Apocalypse, Jésus dit qu’Il se tient sur le seuil et qu’il appelle. Évidemment, le texte se réfère au fait que Jésus est dehors, à la porte, et qu’il frappe pour entrer... Mais, parfois, je pense, ajoute le futur pape François, que Jésus frappe de l’intérieur, pour que nous le laissions sortir. L’Église autoréférentielle veut retenir Jésus-Christ à l’intérieur d’elle-même et elle ne le laisse pas sortir » (Rome, 9 mars 2013).

Cette fête de l’Épiphanie est celle de l’Église universelle. Sa mission n’est pas de se sauver elle-même mais d’être unie au Christ qui veut sauver le monde. Comme les mages, nous venons à Jésus pour nous prosterner devant lui et recevoir de lui l’amour dont il veut nous combler. Nous ne pouvons plus rester enfermés dans les limites de notre clocher et de notre paroisse ; il nous faut absolument en sortir. Sinon, nous serions comme les chefs des prêtres et les scribes qui ont manqué cette rencontre avec le Roi Messie. Ils en ont entendu parler dans les livres, ils ont accumulé des connaissances, mais lui, ils ne l’ont pas vu, parce qu’il était dehors avec les pauvres et les sans-abris.

Pourtant, parce qu’il s’est fait petit, tous peuvent le recevoir. Parce qu’il s’abaissera jusqu’à la mort sur la croix, lui le roi des Juifs, chaque homme dans sa nuit pourra le reconnaître. Parce qu’il s’est fait l’étranger sur la route d’Emmaüs, chacun pourra se retrouver en lui, avec toute son histoire personnelle. Parce qu’il se donnera dans un peu de pain et de vin, corps livré et sang versé pour nous et pour la multitude, nous pourrons le recevoir au plus intime de notre existence. Il est « le pain venu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6,51).

 

A SAINTE FAMILLE MATTHIEU 02,13-15.19-23 (14)

Chimay : 28.12.25

 

s famille 2025Frères et sœurs, en ce temps de Noël où des liens familiaux se resserrent ou se redécouvrent, nous fêtons la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Elle nous est présentée comme le modèle de toutes les familles. La prière d’ouverture nous en indiquait l’objectif : « Que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple ». Il ne s’agit pourtant pas d’un conte de fée : un recensement qui met une femme sur le point d’accoucher sur les routes, la naissance de Jésus dans une étable, la persécution d’Hérode, la fuite en Égypte, et finalement un mère qui pleure au pied de la croix de son Fils ! Comment tout cela pourrait-il constituer un exemple ? En fait, ce qui arrive à la Sainte Famille ne ressemble que trop à l’exode subi actuellement par de nombreuses familles à la suite des guerres, des cataclysmes ou des crises économiques.

 

Cette fête a été instaurée vers les années 1920 ; à l’époque, on s’inquiétait déjà de l’évolution de la famille. Avec les années, la situation est devenue de plus en plus cruciale : des couples de plus en plus nombreux qui se séparent, des enfants livrés à eux-mêmes qui sombrent dans la délinquance, des familles qui vivent dans la misère. Et bien sûr, nous n’oublions pas les nombreuses victimes de la pauvreté, de l’abandon, de la violence et de la haine. Il fut un temps où l’on avait pour slogan « Une famille qui prie est une famille unie ». Aujourd’hui on parle plutôt de famille éclatée, monoparentale, reconstituée ou que sais-je encore ?

Bien avant la venue de Jésus, Ben Sira nous rappelle que la famille n’est pas à l’abri des drames et peut être ruinée par le péché (Si 3,2-14). Son discours peut paraître moralisant. Pour qu’elle grandisse harmonieusement, dit-il, ses membres doivent se soutenir, faire preuve de miséricorde et se pardonner. L’amour filial envers nos parents nous dispose à aimer Dieu comme ses enfants. Dieu veut que chaque famille soit heureuse. Le bonheur vécu par la Sainte Famille de Jésus est celui de la proximité de Dieu. Et Ben Sira lui montre le chemin qui lui permettra de parvenir à une véritable harmonie : « Ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché » (Si 3,14). Au nom même de leur foi, les enfants ont le devoir d’honorer leurs parents, même quand ils sont très diminués. Plus tard, les chrétiens comprendront qu’à travers eux, c’est Dieu qui est là.

Dans sa lettre aux Colossiens (Col 3,12-21), saint Paul nous appelle à « vivre ensemble dans le Christ ». Il insiste sur le fait que la vie chrétienne est une vie « dans le Seigneur ». Il nous expose les vertus qui favorisent une belle vie de famille, la tendresse, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon. Et « par-dessus tout, qu’il y ait l’amour, qui est le lien le plus parfait » (Col 3,14). Tout cela ne sera vraiment possible que si nous laissons le Christ habiter en nous. En ce temps de Noël, nous fêtons la naissance de Jésus : il vient naître en nous pour transformer notre vie et la rendre de plus en plus conforme à son amour. Vivre Noël, c’est d’abord accueillir le Christ dans notre vie.

L’Évangile nous montre une famille unie et solidaire autour de l’enfant qu’il faut protéger à tout prix. En cette nuit de Bethléem, elle dort du repos des justes. Mais à Jérusalem, Hérode ne dort pas. Il cherche à faire périr l’enfant car il ne veut pas de rival. Face au danger, Marie et Joseph font ce que l’ange du Seigneur leur demande : ils partent le plus loin possible pour protéger l’enfant.

Ce qui est frappant, c’est que cette famille est toujours en chemin. La famille de Jésus est prise dans le tourbillon de l’histoire comme le sont les nôtres : avant la naissance de Jésus, Marie fait un long trajet pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Puis c’est le voyage de Nazareth vers Bethléem pour le recensement ; et aujourd’hui, l’évangile nous dit qu’ils doivent fuir en Égypte pour échapper à la colère d’Hérode. Joseph, à nouveau visité en songe par un ange qui le presse de fuir accueille l’avenir que Dieu trace pour sa famille. Dans la confiance, et en pleine nuit, il quitte son pays. Comme les migrants de toutes les époques, la famille arrive dans une terre inconnue. Son peuple y a été réduit en esclavage et les païens y vivent. Malgré la précarité de la situation, malgré les incertitudes et l’éloignement, les parents de l’Enfant-Jésus s’abandonnent aux vouloirs du Père. Et voici qu’un ange réveille à nouveau Joseph dans son sommeil, l’invitant à retourner au pays d’Israël. Nouvel exode ! L’itinéraire de retour est hésitant. Où se fixer ? Joseph pense sans doute à Bethléem, mais, averti en songe, il décide de se retirer dans la région de Galilée, carrefour des nations. Tout au long de sa vie, Jésus passera lui aussi de village en village pour annoncer la Bonne Nouvelle. Voilà la Sainte Famille : c’est dans sa capacité à se mettre en route qu’elle nous est présentée comme un modèle. Elle accepte de se laisser interpeller par les événements. Malgré les contrariétés et les épreuves, elle fait confiance à Dieu.

Nos familles de la terre sont aussi secouées et bousculées. Parents, grands-parents et enfants ne sont pas épargnés par les aléas de la vie. Chacun pense à tant d’événements qui lui font prendre des chemins inattendus. Comment ne pas penser à tous ces enfants dont la vie est menacée par les guerres, la famine ? D’autres sont victimes de la violence et de la maltraitance. Et bien sûr, nous n’oublions pas tous ceux et celles qui souffrent à cause de l’indifférence, du manque de soins, du manque d’amour et d’affection. À travers tous ceux et celles qui subissent ces douloureuses épreuves, c’est le Christ qui est là et qui attend notre amour. Le pape François ne cessait de nous rappeler qu’il est toujours du côté des plus petits et des plus pauvres.

C’est ainsi qu’en venant dans notre monde, Jésus a voulu faire partie d’une famille humaine. Il y a connu des joies, des souffrances et des épreuves comme dans toutes les familles de la terre. Mais plus tard, il nous dira qu’il fait partie de la grande famille de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c’est qu’il est venu pour nous y faire entrer. Comme le disait le pape Jean-Paul II, « il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». Au jour de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en lui. Et nous avons été appelés à nous mettre en marche vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu.

En ce dimanche, nous rendons grâce au Seigneur pour l’exemple que nous donne sa famille terrestre. Nous lui confions toutes nos familles de la terre, en particulier celles qui connaissent de douloureuses épreuves. Il est là, « au cœur de nos vies », mais souvent, c’est nous qui sommes ailleurs.

Nous t’en prions, Seigneur, que toute notre vie soit imprégnée de ta parole et de ton amour pour que nous puissions en témoigner auprès de tous ceux et celles que nous croiserons sur notre route. Père, avec Joseph à qui tu révélais, de nuit, tes volontés, accorde-nous par ton Esprit d’être aussi dociles à tes appels étonnants, parfois même inouïs, dans notre vie d’itinérants, en marche vers une Terre nouvelle. Amen.

A NOEL NUIT LUC 02,01-14 (15) 

Chimay : 24.12.2025

Noel2025Frères et sœurs, tout au long de l’Avent, la liturgie nous a parlé de la venue de Jésus. Cette Bonne Nouvelle était annoncée depuis plusieurs siècles à un « peuple qui marchait dans les ténèbres » (Is 1,9). Ces ténèbres, c’étaient celles de l’exil et de l’oppression étrangère. Le message d’Isaïe dans les ténèbres marque encore douloureusement la vie de notre monde, celles du terrorisme et de la violence, mais aussi celles de la maladie, de la pauvreté et de la solitude.

La Bonne Nouvelle de Noël, c’est que Dieu ne nous abandonne pas. Il vient à nous. Il vient « nous rendre espoir et nous sauver » comme le chante le Venez divin Messie[1]. Venez divin Messie est un chant populaire chrétien. Il est traditionnellement chanté durant la période de l’Avent. Il rappelle le temps d’attente du peuple d’Israël avant la naissance du christ. Ce chant est en même temps un appel à Jésus-Christ présent dans l’Eucharistie.

A SAINTE MARIE, MERE DE DIEU LUC 02,16-21 (13)

1 janv 2026Frères et sœurs, en ce début d’année, nous échangeons des souhaits. Et nous avons des formules pour le faire : « Bonne et heureuse année ! Surtout la santé ! Que tous tes désirs se réalisent ! » La Bible a aussi ses formules : dans la première lecture du livre des Nombres (Nb 6,22-27), nous en trouvons une qui est très belle ; il s’agit d’une bénédiction que Dieu a transmise à son peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ! Qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage et qu’il t’apporte la paix ! » Cette bénédiction s’adressait au peuple de l’ancienne alliance. Mais elle s’adresse aussi à l’Église d’aujourd’hui et à chacun de nous. Quelles que soient les épreuves qui surviendront en cours d’année, la bénédiction de Dieu nous est toujours offerte.

A AVENT 03 MATTHIEU 11,02-11 (21)

Chimay : 14.12.2025

Avent3Frères et sœurs,

ce 3e dimanche de l’Avent est celui de la joie. Si nous sommes dans la joie, c’est parce que le Seigneur est proche. Sa venue dans le monde est source d’espérance. Qu’il soit avec nous, au cœur de nos vies, c’est aussi une source d’espérance. Cette bonne nouvelle, nous la retrouvons tout au long des lectures bibliques de ce jour. Elles nous révèlent un Dieu qui nous délivre du mal. Ce Dieu a un amour de prédilection pour les pauvres, les petits, les exclus. Plus tard, Jésus nous dira qu’ils ont la première place dans son cœur.

Dans la première lecture (Is 35,1-10), Isaïe nous révèle le salut de Dieu par la joie qu’il fait naître. Il s’adresse à un peuple qui a beaucoup souffert. Après avoir passé de nombreuses années en exil sur une terre étrangère, le peuple va pouvoir revenir chez lui. Ce retour est présenté comme un “ouragan de joie” : « le pays aride... qu’il exulte et crie de joie ! » (Is 35,1-2). Dieu ne peut accepter la situation tragique des exilés, des prisonniers, des populations asservies. Il décide alors de changer les choses. Le texte biblique utilise le mot “vengeance” : « c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu » (Is 35,4). Mais la vengeance de Dieu n’est pas de punir ni d’écraser. S’il intervient c’est d’abord pour guérir et sauver : « il vient lui-même et va vous sauver » (Is 35,4). En lisant ce texte biblique, nous découvrons qu’il est le prélude à une libération autrement plus importante. Par sa mort sur la croix, et sa résurrection, Jésus va ouvrir à l’humanité toute entière le chemin de la vraie vie. La terre et ses habitants seront transfigurés, « couronnés de l’éternelle joie » (Is 35,10).

Noel2025 jour

A NOEL JOUR JEAN 01,01-18 (5)

Chimay : 25.12.2025

Frères et sœurs, entre collègues, à l’école, chez les commerçants, entre amis, depuis quelques semaines, on échange des vœux. « Bonnes fêtes de Noël ! », s’exclame-t-on. Malgré les difficultés et les deuils, le temps est à la fête ! Et nous, chrétiens, nous avons partagé la fébrilité des préparatifs, décoré nos maisons, pensé à chacun. Nous nous sommes réjouis de la fête qui, souvent, réunira familles, amis et accueillera l’hôte de passage, le voisin isolé. Mais risquons-nous d’être éblouis, fascinés par les illuminations du monde ?

Le prologue de saint Jean, que nous lisons le jour de Noël, nous conduit à l’essentiel. Il ouvre notre cœur et notre intelligence à la parole créatrice. Nous redécouvrons que la lumière qui éclaire le chemin que nous avons choisi d’emprunter ne se confond ni avec les feux qui brillent dans les arbres de nos maisons, ni avec les projecteurs des devantures commerciales, ni avec les scintillements éphémères de nos réussites. Cette lumière est celle qui éclaire les pas du messager de la paix.

A AVENT 03 MATTHIEU 11,02-11 (21)

Chimay : 14.12.2025

Avent3Frères et sœurs,

ce 3e dimanche de l’Avent est celui de la joie. Si nous sommes dans la joie, c’est parce que le Seigneur est proche. Sa venue dans le monde est source d’espérance. Qu’il soit avec nous, au cœur de nos vies, c’est aussi une source d’espérance. Cette bonne nouvelle, nous la retrouvons tout au long des lectures bibliques de ce jour. Elles nous révèlent un Dieu qui nous délivre du mal. Ce Dieu a un amour de prédilection pour les pauvres, les petits, les exclus. Plus tard, Jésus nous dira qu’ils ont la première place dans son cœur.

Dans la première lecture (Is 35,1-10), Isaïe nous révèle le salut de Dieu par la joie qu’il fait naître. Il s’adresse à un peuple qui a beaucoup souffert. Après avoir passé de nombreuses années en exil sur une terre étrangère, le peuple va pouvoir revenir chez lui. Ce retour est présenté comme un “ouragan de joie” : « le pays aride... qu’il exulte et crie de joie ! » (Is 35,1-2). Dieu ne peut accepter la situation tragique des exilés, des prisonniers, des populations asservies. Il décide alors de changer les choses. Le texte biblique utilise le mot “vengeance” : « c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu » (Is 35,4). Mais la vengeance de Dieu n’est pas de punir ni d’écraser. S’il intervient c’est d’abord pour guérir et sauver : « il vient lui-même et va vous sauver » (Is 35,4). En lisant ce texte biblique, nous découvrons qu’il est le prélude à une libération autrement plus importante. Par sa mort sur la croix, et sa résurrection, Jésus va ouvrir à l’humanité toute entière le chemin de la vraie vie. La terre et ses habitants seront transfigurés, « couronnés de l’éternelle joie » (Is 35,10).