Homélies du Père Jacques Pineault

A 19 MATTHIEU 14,22-33 (16)

                                                                                                                                                   Chimay : 09.08.2026

Frères et sœurs, les textes bibliques que nous venons d’écouter nous invitent à faire un pas et peut-être plus sur le chemin de la conversion. C’est ce qui apparaît pour Élie dans le Livre des Rois (1R 19,9-13). Il vient de combattre l’idolâtrie des prophètes de Baal avec beaucoup d’ardeur ; il s’est fait des ennemis forcément ; et sa vie se trouve en danger. Après 40 jours et 40 nuits de marche, il arrive sur la montagne de l’Horeb (le Sinaï). Il lui a fallu toute cette longue marche pour se rendre compte qu’il n’était pas sur le bon chemin et que, peut-être, il s’était trompé en agissant violemment pour Dieu. Comme ses adversaires, il s’imaginait un Dieu de puissance à servir avec force. C’est pourquoi, honteux et découragé, il se cache dans une caverne.

A 18 MATTHIEU 14, 13-21 (10)

                                                                                                                                                    Chimay : 02.08.2026

Frères et sœurs, la première lecture tirée du livre d’Isaïe (Is 55,1-3) et l’Évangile de Matthieu, qui nous rapporte la première multiplication des pains faite par le Seigneur, nous parlent de nourriture ou plutôt de manque de nourriture. En effet, après cette multiplication des pains au désert, il en est resté « douze paniers pleins, [alors que] ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants » (Mt 14,20-21). C’était vraiment l’abondance. On voit la générosité de Dieu. Faut pas se gêner pour demander.

A 16 MATTHIEU 13, 24-43 (19) Chimay : 19.07.2026

Frères et sœurs, aujourd’hui nous sommes invités à découvrir le vrai visage de Dieu. Autrefois, on se représentait Dieu comme un vengeur qui condamnait sans pitié tous les faisant mal. Et pourtant, Dieu fait preuve à notre égard d’une patience extraordinaire. Son grand désir a toujours été « que le pécheur se convertisse et qu’il vive » (Ez 18,32).

Le grand message de la Sagesse (Sg 12,13-19), c’est qu’en définitive, Dieu est plus humain que l’homme : « après la faute il accorde la conversion » (Sg 12,19), tandis que l’homme développe du ressentiment. La patience de Dieu envers les pécheurs dont nous sommes n’est pas signe de faiblesse, mais de l’espérance qu’il met en nous. Le gros problème de notre société, c’est la montée de l’intolérance. Quand un homme ou une femme sont enfermés dans leur mauvaise réputation, on ne leur laisse aucune chance. En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui demander de nous donner un peu d’humanité. Qu’il nous apprenne à voir ce monde comme lui-même le voit, avec un regard plein d’amour et de miséricorde pour « que tous soient un » (Jn 17,21).

C’est aussi ce message que nous retrouvons dans l’Évangile. Trois petites histoires nous font comprendre ce qu’est le royaume de Dieu : d’abord c’est un paysan qui, ayant semé du bon blé dans son champ, demande d’attendre la récolte pour séparer la mauvaise herbe du blé et la brûler. Ensuite c’est une toute petite graine de moutarde qui devient un arbre pouvant abriter tous les oiseaux. Enfin, c’est le levain qui fera lever la pâte. Trois histoires pleines d’humanité et relativement paisibles, même si le paysan doit calmer ses ouvriers qui accusent le voisin d’avoir semé la mauvaise herbe. Ce royaume fait envie, il réveille en nous un désir d’harmonie, de proximité avec la nature et les choses simples, telles que faire son pain ou encore écouter les oiseaux. Et les périodes de vacances peuvent en être l’occasion.

La parabole du bon grain et de l’ivraie, nous la connaissons bien parce que nous l’avons entendue souvent ; cet homme qui sème le bon grain, c’est Dieu. N’oublions pas ce qui est dit dans le premier récit de la Création : « Dieu vit que cela était bon » (Gn 1,31). Tout ce qui vient de Dieu est beau et bon. Le bon grain est mis en terre par Dieu. Dieu ne nous donne que du bon grain.

La priorité, c’est le bon grain semé par le Seigneur. Le problème, c’est qu’au lieu de « veiller au grain », nous dormons. Nous nous installons dans la routine, la facilité ; nous oublions le Seigneur et son Évangile. Pendant que les gens dormaient, l’ennemi est venu. Il vient toujours pendant que nous dormons. Ce n’est pas pour rien que Jésus nous demande de veiller et de prier pour ne pas succomber à la tentation. C’est ce qui est arrivé à Pierre, Jacques et Jean au Jardin des Oliviers, la veille de la mort de Jésus. N’oublions pas que notre vie chrétienne est un combat de tous les jours contre « l’ennemi ».

L’ennemi, lui, ne dort pas. Il est toujours à l’affût pour semer l’ivraie. Ce que l’ennemi sème, c’est toujours la zizanie, c’est le trouble, la discorde, les bagarres, les calomnies. C’est tout ce qui est contraire à la communion. Tout cela est semé par l’ennemi. Nous le voyons dans nos paroisses, nos communautés, nos familles : tout est prétexte à zizanie.

Ce mal, nous le voyons tous les jours : à côté du pape Léon, ardent défenseur des pauvres, nous avons des extrémistes qui tuent et massacrent. Le pire, c’est qu’ils prétendent agir au nom de Dieu. Nous voudrions faire le ménage en enlevant l’ivraie. Mais Jésus nous demande de ne pas le faire. Ce serait ajouter de la haine à la haine, de l’ivraie à l’ivraie. Cet Évangile nous dit l’immense patience de Dieu. Il ne veut pas risquer d’arracher le bon grain avec l’ivraie. Il ne veut pas nous abimer. Et il nous demande de faire preuve de la même patience envers les autres. Il nous laisse discerner ce qui ne va pas dans notre vie. Lui-même nous accompagne jusqu’à la moisson.

Nous ne devons pas nous décourager quand nous avons l’impression qu’il y a de l’ivraie partout et que Dieu ne fait rien. Le Seigneur use de patience envers tous. Il veut absolument que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir. Il est important que nous méditions sur cette patience de Dieu et sur le fait qu’il faut être rempli d’espérance : l’ivraie et la zizanie n’auront pas le dernier mot. Mais bien que ce soit les vacances, il ne faut pas passer son temps à dormir. Nous devons rester dans la vigilance.

Dans la lettre aux Romains (Rm 8,26-27), saint Paul nous invite à nous tourner vers notre Dieu. Car laissés à nous-mêmes, nous sommes bien incapables. C’est alors que le Seigneur intervient pour nous donner son Esprit Saint. Avec lui, nous devenons capables de nous ouvrir à l’amour du Père et à répondre à sa volonté. Le vrai Dieu n’est pas celui qui écrase ses ennemis. Il est plutôt celui qui se présente à nous comme un Dieu plein d’amour qui veut le salut de tous les hommes.

        Mais connaissons-nous notre Dieu ? Ce Dieu bon et qui pardonne, ce Dieu patient qui prend soin de nous ? Un Dieu grand qui fait des merveilles : la merveille, c’est qu’il préfère laisser grandir ensemble ivraie et bon grain, tant il a peur de risquer d’abîmer le bon grain, de l’empêcher de pousser, de l’écraser. Voilà sa grandeur ! Et nous qui partons si facilement en guerre contre nos défauts pour tenter de les éradiquer, qui voyons surtout ce qui ne va pas en nous ou chez les autres ! Avec tendresse, Dieu regarde ce qu’il a mis de bon en nous et dans les autres, il nous invite à nous en émerveiller, à lui en rendre grâce. Apprenons de lui à veiller patiemment sur ce qui, en nous ou dans le monde, est porteur de vie, et d’espérance. Comme de bons jardiniers, apprenons à guetter tous ces germes du royaume de Dieu pour en prendre soin et les faire grandir. Quant à ce qui est mauvais, abandonnons-le dans les mains du Seigneur et implorons sa miséricorde que jamais il ne refuse. Ne soyons pas pour nous-mêmes ou pour les autres des juges impitoyables et des redresseurs de torts ! Laissons à Dieu le soin de juger : il est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.

A 17 MATTHIEU 13, 44-52 (21)                                                                                         Scourmont : 26.07.2026

Frères et sœurs, les deux premières paraboles que nous venons d’entendre nous parlent de deux hommes qui découvrent le Royaume des cieux dans des circonstances bien différentes. Le premier, probablement un paysan, trouve subitement un trésor dans un champ qui n’est pas à lui. Il n’était pas dans une attitude de recherche ou de quête, mais voilà que le Royaume se révèle et se propose à lui. Il ne savait pas qu’un tel trésor existait. Jamais il ne l’avait imaginé... Sa joie est donc proportionnelle à une telle surprise : elle est débordante !

A 15 MATTHIEU 13,01-23                                                                (19) Chimay : 12.07.2026

Frères et sœurs, écologie et Parole de Dieu pourraient être le thème de ce dimanche s’il fallait en chercher un. Les lectures sont particulièrement évoca-trices : la Parole de Dieu est comme l’eau de la pluie et la neige qui abreuvent la terre (Is 55,10-11) ; Jésus compare la Parole de Dieu à une semence qui tombe sur des terres arides ou fertiles (Mt 13,1-23) et le psaume 64 décrit une contrée riche en récoltes et en végétation. Bref, la parole créatrice de Dieu est profondément liée à ce qu’elle a créé. Autrement dit, l’ensemble de la création, la terre, les végétaux, les animaux, les humains, sont l’expression de la parole féconde de Dieu.

A 16 MATTHIEU 13, 24-43 (19) Chimay : 19.07.2026

Frères et sœurs, aujourd’hui nous sommes invités à découvrir le vrai visage de Dieu. Autrefois, on se représentait Dieu comme un vengeur qui condamnait sans pitié tous les faisant mal. Et pourtant, Dieu fait preuve à notre égard d’une patience extraordinaire. Son grand désir a toujours été « que le pécheur se convertisse et qu’il vive » (Ez 18,32).

Le grand message de la Sagesse (Sg 12,13-19), c’est qu’en définitive, Dieu est plus humain que l’homme : « après la faute il accorde la conversion » (Sg 12,19), tandis que l’homme développe du ressentiment. La patience de Dieu envers les pécheurs dont nous sommes n’est pas signe de faiblesse, mais de l’espérance qu’il met en nous. Le gros problème de notre société, c’est la montée de l’intolérance. Quand un homme ou une femme sont enfermés dans leur mauvaise réputation, on ne leur laisse aucune chance. En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui demander de nous donner un peu d’humanité. Qu’il nous apprenne à voir ce monde comme lui-même le voit, avec un regard plein d’amour et de miséricorde pour « que tous soient un » (Jn 17,21).

C’est aussi ce message que nous retrouvons dans l’Évangile. Trois petites histoires nous font comprendre ce qu’est le royaume de Dieu : d’abord c’est un paysan qui, ayant semé du bon blé dans son champ, demande d’attendre la récolte pour séparer la mauvaise herbe du blé et la brûler. Ensuite c’est une toute petite graine de moutarde qui devient un arbre pouvant abriter tous les oiseaux. Enfin, c’est le levain qui fera lever la pâte. Trois histoires pleines d’humanité et relativement paisibles, même si le paysan doit calmer ses ouvriers qui accusent le voisin d’avoir semé la mauvaise herbe. Ce royaume fait envie, il réveille en nous un désir d’harmonie, de proximité avec la nature et les choses simples, telles que faire son pain ou encore écouter les oiseaux. Et les périodes de vacances peuvent en être l’occasion.

La parabole du bon grain et de l’ivraie, nous la connaissons bien parce que nous l’avons entendue souvent ; cet homme qui sème le bon grain, c’est Dieu. N’oublions pas ce qui est dit dans le premier récit de la Création : « Dieu vit que cela était bon » (Gn 1,31). Tout ce qui vient de Dieu est beau et bon. Le bon grain est mis en terre par Dieu. Dieu ne nous donne que du bon grain.

La priorité, c’est le bon grain semé par le Seigneur. Le problème, c’est qu’au lieu de « veiller au grain », nous dormons. Nous nous installons dans la routine, la facilité ; nous oublions le Seigneur et son Évangile. Pendant que les gens dormaient, l’ennemi est venu. Il vient toujours pendant que nous dormons. Ce n’est pas pour rien que Jésus nous demande de veiller et de prier pour ne pas succomber à la tentation. C’est ce qui est arrivé à Pierre, Jacques et Jean au Jardin des Oliviers, la veille de la mort de Jésus. N’oublions pas que notre vie chrétienne est un combat de tous les jours contre « l’ennemi ».

L’ennemi, lui, ne dort pas. Il est toujours à l’affût pour semer l’ivraie. Ce que l’ennemi sème, c’est toujours la zizanie, c’est le trouble, la discorde, les bagarres, les calomnies. C’est tout ce qui est contraire à la communion. Tout cela est semé par l’ennemi. Nous le voyons dans nos paroisses, nos communautés, nos familles : tout est prétexte à zizanie.

Ce mal, nous le voyons tous les jours : à côté du pape Léon, ardent défenseur des pauvres, nous avons des extrémistes qui tuent et massacrent. Le pire, c’est qu’ils prétendent agir au nom de Dieu. Nous voudrions faire le ménage en enlevant l’ivraie. Mais Jésus nous demande de ne pas le faire. Ce serait ajouter de la haine à la haine, de l’ivraie à l’ivraie. Cet Évangile nous dit l’immense patience de Dieu. Il ne veut pas risquer d’arracher le bon grain avec l’ivraie. Il ne veut pas nous abimer. Et il nous demande de faire preuve de la même patience envers les autres. Il nous laisse discerner ce qui ne va pas dans notre vie. Lui-même nous accompagne jusqu’à la moisson.

Nous ne devons pas nous décourager quand nous avons l’impression qu’il y a de l’ivraie partout et que Dieu ne fait rien. Le Seigneur use de patience envers tous. Il veut absolument que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir. Il est important que nous méditions sur cette patience de Dieu et sur le fait qu’il faut être rempli d’espérance : l’ivraie et la zizanie n’auront pas le dernier mot. Mais bien que ce soit les vacances, il ne faut pas passer son temps à dormir. Nous devons rester dans la vigilance.

Dans la lettre aux Romains (Rm 8,26-27), saint Paul nous invite à nous tourner vers notre Dieu. Car laissés à nous-mêmes, nous sommes bien incapables. C’est alors que le Seigneur intervient pour nous donner son Esprit Saint. Avec lui, nous devenons capables de nous ouvrir à l’amour du Père et à répondre à sa volonté. Le vrai Dieu n’est pas celui qui écrase ses ennemis. Il est plutôt celui qui se présente à nous comme un Dieu plein d’amour qui veut le salut de tous les hommes.

        Mais connaissons-nous notre Dieu ? Ce Dieu bon et qui pardonne, ce Dieu patient qui prend soin de nous ? Un Dieu grand qui fait des merveilles : la merveille, c’est qu’il préfère laisser grandir ensemble ivraie et bon grain, tant il a peur de risquer d’abîmer le bon grain, de l’empêcher de pousser, de l’écraser. Voilà sa grandeur ! Et nous qui partons si facilement en guerre contre nos défauts pour tenter de les éradiquer, qui voyons surtout ce qui ne va pas en nous ou chez les autres ! Avec tendresse, Dieu regarde ce qu’il a mis de bon en nous et dans les autres, il nous invite à nous en émerveiller, à lui en rendre grâce. Apprenons de lui à veiller patiemment sur ce qui, en nous ou dans le monde, est porteur de vie, et d’espérance. Comme de bons jardiniers, apprenons à guetter tous ces germes du royaume de Dieu pour en prendre soin et les faire grandir. Quant à ce qui est mauvais, abandonnons-le dans les mains du Seigneur et implorons sa miséricorde que jamais il ne refuse. Ne soyons pas pour nous-mêmes ou pour les autres des juges impitoyables et des redresseurs de torts ! Laissons à Dieu le soin de juger : il est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.

A 12 MATTHIEU 10,26-33 (14)

                                                                                                                  Chimay : 21.06.2026

Frères et sœurs, porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie : « J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! » (Jr 20,10). Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs. C’est lorsqu’il se voit seul contre tous, abandonné même par ses amis, que Jérémie sait qu’il n’est pas seul : le Seigneur est avec lui.