24 mai 2026 - Pentecôte
Actes 2,1-11; 1 Cor 12,3...13; Jean 20,19-23
H O M É L I E
Il est souvent question de peur dans l’Évangile de saint Jean. Et l’expression « par peur des Juifs » revient comme un refrain. Cette expression désigne une foi qui n’est pas encore pure, une confiance qui n’est pas totale. C’est ainsi que Nicodème, au début de l’Évangile, vient trouver Jésus pour l’interroger, mais il le fait de nuit « par peur des Juifs ». De même, les parents de l’aveugle-né que Jésus avait guéri refusent de dire aux Pharisiens ce qu’ils savent, « par peur des Juifs ». Après la mort de Jésus, Joseph d’Arimathie vient demander à Pilate de lui remettre son corps, mais il le fait de nuit, « par peur des Juifs ». Dans l’Évangile que nous venons de lire, Jean nous dit que, le soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le soir de Pâques, les disciples s’étaient rassemblés en un lieu, « par peur des Juifs ». Notons, en passant, que, dans le texte original grec, contrairement à la plupart des traductions modernes (y compris celle que nous avons lue) il n’est pas dit que la porte était verrouillée, mais simplement qu’elle était « fermée » ; et l’expression « par peur des Juifs » se rapporte au fait que les disciples étaient rassemblés au même endroit et n’a rien à voir avec le fait que la porte était fermée.