Homélies de Dom Armand Veilleux

Nous avons deux personnages importants dans cette parabole : d’une part un juge qui ne craint pas Dieu et n’a d’égards pour personne ; d’autre part une veuve qui est faible, mais qui est convaincue de ses droits et est décidée de les faire valoir. À la fin, le juge donne à la veuve ce qu’elle demande, tout simplement pour qu’elle cesse de venir l’importuner.

Le thème des lectures de dimanche dernier était la foi (“Si vous aviez la foi, gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cet arbre ‘déracine-toi et va te planter dans la mer’ et il vous obéirait”). Aujourd’hui les lectures de la Parole de Dieu nous parlent d’une dimension de la foi ou, si vous préférez, d’une conséquence de la foi : la guérison. La première et la troisième lectures nous parlent toutes deux explicitement de guérison -- et de guérison obtenue par la foi.

Le prophète Habacuc vivait dans un temps d’épreuve, quand le peuple juif était exposé aux invasions et à la destruction. Dans sa prière à Dieu il fait sien le cri du peuple : « Pourquoi ? – Pourquoi toute cette violence et cette destruction ? » Mais sa vision se termine par un cri d’espérance : « L’homme juste, à cause de sa foi, vivra. » C’était notre première lecture.

La plupart des paraboles de Jésus sont des enseignements sur Dieu, dans lesquels Il veut montrer qui est son Père, l’enseignement moral étant en quelque sorte secondaire. Mais d’autres paraboles, comme celle que nous avons dans l’Évangile d’aujourd’hui comportent essentiellement un enseignement moral. Et la technique de la parabole consiste à amener les auditeurs à s’identifier avec un personnage et à tirer de cette identification toutes les conséquences ou tous les enseignements. C’est donc le cas de la parabole que nous venons d’entendre, celle du pauvre Lazare et de l’homme riche. Dieu n’y est d’ailleurs même pas mentionné.

Dans ses chapitres 14 à 16 saint Luc rapporte ce qu’on pourrait appeler des « propos de table » de Jésus. Même si ce genre littéraire est propre à Luc parmi les évangélistes, il était souvent utilisé de son temps. Jésus est invité à un repas et, comme les autres invités, lorsque vient son tour, il offre des réflexions et un enseignement. L’Évangile que nous avions il y a quelques semaines sur la place à choisir lorsqu’on est invité à un banquet, était tout à fait dans cette veine. Plusieurs des enseignements rapportés dans cette section de l’Évangile de Luc, y compris celui que nous avons aujourd’hui, ne se trouvent que dans Luc.

15 septembre 2019 -- 24ème dimanche "C"
Exode 32, 7-11. 13-14: 1 Tim 1, 12-17: Luc 15, 1-32

 

H o m é l i e

 

Il y a un thème commun à chacune de ces trois paraboles, et une caractéristique qui leur est aussi commune. Le thème commun est celui de la joie ; et la caractéristique commune est celle de l’intimité.

25 août 2019– 21ème dimanche "C" - Is 66,18-21; Hé 12,5-7. 11-13; Lc 13,22-30

H O M É L I E

Le poème du livre d'Isaïe, que nous avons entendu comme première lecture, est l'un des textes "universalistes" les plus surprenants de tout l'Ancien Testament. Au peuple d'Israël, convaincu d'être l'unique peuple choisi de Dieu et l’unique objet de tous les privilèges du salut, Isaïe annonce que Dieu enverra ses messagers à toutes les nations et que l'on viendra de tous les peuples pour offrir le culte à Jérusalem.