Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

 6e dimanche de Pâques A

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14,15) ; « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime » (21). Voilà ce que nous dit Jésus dans le premier et le dernier verset de l’évangile que nous venons d’entendre. Si nous cherchons dans l’ensemble de l’évangile de Jean quels sont ces commandements, ils se résument en un seul : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (15,12). C’est en vivant ce commandement que nous manifesterons notre amour pour Jésus, pour Dieu.

 4e dimanche de Carême A - Mars 2017

 Frères et sœurs, cet évangile est long, un chapitre entier de 41 versets, et il l’est d’autant plus qu’il aurait pu se terminer au verset 7 avec la guérison de l’aveugle. Alors qu’est-ce qu’a voulu nous dire saint Jean en le développant ainsi ? Eh bien certainement a-t-il justement voulu que nous ne nous arrêtions pas au miracle, mais à ce que ce miracle a à dire et à montrer. Nous serions en effet tentés de souhaiter comprendre, comme dans ce texte les voisins, les parents et les pharisiens, ce qui a bien pu se passer, comment cet aveugle de naissance a pu recouvrer la vue ?

8e dimanche ordinaire A - Février 2017

Aujourd’hui, avec cet évangile, Jésus nous interpelle directement sur le sens de notre vie. Qui servons-nous ? Qui est notre maître ? De quoi et pourquoi nous inquiétons-nous ? Et donc, qu’est-ce qui nous fait vivre ? Qu’est-ce qui nous motive et nous fait agir ? L’argent ? Le pouvoir ? Le savoir ? L’orgueil ? Le regard des autres ? Le plaisir ? Ou encore l’amour ? La justice ? L’espérance ou la foi ? Etc.

Immaculée Conception - Décembre 2016

 Frères et Sœurs, impossible de parler l’Immaculée Conception de Marie sans évoquer le péché originel. Alors, comme nous y invite la liturgie de ce jour, attardons-nous d’abord sur le récit de la Genèse que nous avons entendu en première lecture.

Nous savons tous qu’il ne s’agit pas là d’un fait historique, et il est donc inutile de garder dans un coin de notre tête l’amertume d’une faute ancestrale. Ce récit, emprunté aux mythes de l’Ancien Orient, a pour but d’éclairer la question de l’origine du mal.

Toussaint 2016 - (Mt 5, 1-12a)

 Frères et sœurs, en fêtant la Toussaint, nous vénérons les saints, grands et petits, connus ou inconnus ; nous célébrons la communion qui nous lie à eux ; et nous rappelons l’appel à la sainteté adressé à chacun de nous, la promesse de sainteté qui nous est faite [fête]. Oui, aujourd’hui nous pouvons dire que nous approchons du ciel, avec cette multitude de saints qui nous entourent, ces églises un peu plus remplies que d’habitude, et ce mot si désiré, si espéré, et ici scandé neuf fois : « Heureux ! » Lorsque les auditeurs de Jésus l’entendent le prononcer, ils peuvent eux aussi se réjouir et croire avoir atteint le but. Jésus vient en effet de proclamer que « le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4,17), et « de grandes foules le suivirent venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain » (Mt 4, 25), comme « cette foule immense, que nul ne pouvait dénombrer » dont nous parle l’Apocalypse (Ap 7,9). Et « Jésus gravit la montagne », le lieu de la rencontre avec Dieu, pour, nous l’avons dit, proclamer à nos oreilles et à nos cœurs, ce mot : « Heureux… ». Et alors tout s’enchaîne : Le royaume des Cieux, la consolation, la terre en héritage, le rassasiement, la miséricorde, la vision de Dieu, et être appelé fils de Dieu. Bref, notre « récompense est grande dans les cieux ! » Être ainsi comblé, c’est finalement ce à quoi nous aspirons et c’est ce qui nous est promis, ce qui nous est donné.

27e dimanche ordinaire C - Octobre 2016

 Lorsque l’on doit effectuer un travail physique difficile, on aimerait être plus fort pour qu’il nous demande moins d’effort et que ça aille plus vite. L’homme a toujours cherché les moyens scientifiques et techniques pour se faciliter la vie, pour multiplier ses forces, pour rendre possible ce qui ne l’était pas. Eh bien les apôtres, en demandant au Seigneur d’augmenter leur foi, se positionnent peut-être dans la même ligne. Voilà déjà quelque temps qu’ils suivent Jésus, qu’ils entendent les exigences de l’évangile, qu’ils apprennent à reconnaître leurs faiblesses, et face à tout cela, face à cette montagne qui semble peu à peu se dessiner, face à ce Jésus parfois si déroutant, ils ressentent, et nous avec eux, le besoin d’un supplément de force, et avouons-le, davantage de certitudes et de sécurité.

 21e dimanche ordinaire C - Août 2016

 Il y a quelques semaines, nous avons entendu le passage de la Genèse où Abraham marchande avec Dieu pour tenter de sauver Sodome de la destruction. Vous vous souvenez que dans toute cette ville, on ne trouvera pas dix justes, et qu’ils seront finalement quatre à pouvoir s’échapper : Loth et sa famille ; et encore sa femme, se retournant, sera changée en colonne de sel.

 17e dimanche C - Juillet 2016

 Frères et sœurs, les années passant, nous avons vu mainte et mainte fois des personnes prier. Pourtant, peut-être qu’un jour vous avez été plus profondément touchés, interpellés, en voyant l’une d’elle : une personne et une prière apparemment comme les autres, mais qui vous ont fait approcher du mystère, entrer dans l’évidence que c’est ça la prière ! Sous vos yeux, derrière ce visage parfois si simple et si ridé, vous avez perçu qu’il y avait deux personnes qui s’entretenaient : un homme ou une femme et Dieu. Alors, nous serions tentés, comme le font les disciples avec Jésus, de lui dire : « Seigneur, (Monsieur, Madame), apprends-nous, (apprends-moi) à prier » ; partage-moi ton secret ; donne-moi à boire.

 13e dimanche C - Juin 2016

 Dans l’évangile de dimanche dernier, il y avait des phrases dures à entendre : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour », et encore : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ». Eh bien l’évangile d’aujourd’hui ne nous épargne pas davantage : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête…Laisse les morts enterrer leurs morts…Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. » Des sentences qui vous passeraient l’envie d’être chrétien et qui pourraient presque expliquer pourquoi nos églises et nos communautés se vident. Avouons qu’il n’y a là rien de très réjouissant, ni d’enthousiasmant. Et pourtant, nous croyons que ces paroles sont, pour nous et pour nos contemporains, Bonne Nouvelle. Alors essayons de dire pourquoi.