Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

Noël 2025

Frères et sœurs, il y a deux évangiles qui nous parlent de la naissance de Jésus. Matthieu, d’abord, avec l’épisode des mages venus d’Orient, qui mettent en émoi le roi Hérode et tout Jérusalem, ce roi qui, à la nouvelle de la naissance de l’enfant, réunit grands prêtres et scribes, puis fomente le massacre des innocents, et provoque la fuite en Egypte de la sainte famille. Dans cet évangile, la naissance de Jésus vient donc tout bouleverser. Ce point de départ est comme un coup de tonnerre annonçant un orage qui emporte tout sur son passage et qui ne s’achèvera qu’avec la Résurrection du Christ, qui, là encore, comme sa mort, est décrite comme un grand bouleversement avec notamment un tremblement de terre.

Dédicace Scourmont 2025

(2 Ch 5,6-8.10.13-6,2 ; Ps 121 ; 1 P 2,4-9 ; Jn 2,13-22)

Frères et sœurs, ces textes de la liturgie de ce jour, vous et moi, nous les recevons. Mais alors, c’est peu que de dire que cet évangile est dur, frappant, interpelant pour un jour de fête, qui plus est, pour la fête de la communauté que nous formons ensemble. « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » (17), dit Jésus. Oui, en ce jour de joie, nous sommes comme réprimandés, et donc interrogés sur ce que nous vivons vraiment, chacun et ensemble.

Homélie pour le 17e dimanche "C"

   (Lc 11,1-13)

Juillet 2016

« Seigneur, apprends-nous à prier ». Frères et Sœurs, au début de cette homélie, je serais tenté de vous demander qui vous a appris à prier ? Et comment vous l’avez appris ? Les disciples, eux, demandèrent naturellement à leur maître de leur apprendre. Mais notre maître à nous, c’est également le Seigneur, celui à qui nous devons, nous aussi, demander de nous apprendre à prier. Ainsi, celui que l’on prie est tout autant celui qui nous apprend à prier, nouvelle preuve de son infinie miséricorde à notre égard. Quand on prie, on n’est pas seul, on n’est plus seul ; et Dieu ne veut pas nous laisser seul face à notre prière, face à ce qui jaillit de notre cœur et de celui du monde.

Dédicace Scourmont 2025

(2 Ch 5,6-8.10.13-6,2 ; Ps 121 ; 1 P 2,4-9 ; Jn 2,13-22)

Frères et sœurs, ces textes de la liturgie de ce jour, vous et moi, nous les recevons. Mais alors, c’est peu que de dire que cet évangile est dur, frappant, interpelant pour un jour de fête, qui plus est, pour la fête de la communauté que nous formons ensemble. « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » (17), dit Jésus. Oui, en ce jour de joie, nous sommes comme réprimandés, et donc interrogés sur ce que nous vivons vraiment, chacun et ensemble.

Homélie pour la célébration du 175ème anniversaire

de la fondation de l'Abbaye de Scourmont

 

(1 R 8,55-61 ; Ps 83 ; 1 Co 1,3-9 ; Lc 1,39-45) 

25 juillet 2025

 

Frères et sœurs, chers frères, célébrer le jubilé de notre monastère, c’est rendre grâce pour ce qui a été donné, et surtout, peut-être, c’est demander que cette grâce poursuive son œuvre en nous pour nous conduire plus loin, plus vrais, plus conformes à Celui qui nous a appelés. Célébrer notre jubilé, c’est donc s’engager à vivre plus profondément notre vie monastique, notre vie fraternelle, loin des faux-semblants.

Saint Bernard 2025

(Si 39,8-14; Ps 118 ; Phi 3,17-4,1; Mt 5,13-19)

Frères et sœurs, pour cette homélie, je m’appuie pour la troisième année consécutive sur le Commentaire du Cantique des Cantiques de saint Bernard. Nous en sommes au sermon 4. S’il vous en souvient, commentant le verset « Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche », Bernard énonce trois baisers : celui des pieds, celui des mains et celui de la bouche, marquant ainsi les étapes d’un progrès spirituel. Au début de notre sermon, il revient sur le baiser des pieds qu’il décrit comme une faveur, celle de ressentir le pardon de Dieu. Et comment ne pas penser ici au lavement des pieds lors de la dernière Cène, moment où Jésus pardonne déjà à ses disciples l’abandon, la trahison, le reniement ? Comment ne pas penser à ce rite que nous vivons ensemble, en communauté, au chapitre, le Jeudi Saint, où celui qui lave comme celui qui est lavé, offre et reçoit le pardon de son frère. Peut-être pouvons nous garder cela en mémoire, en notre cœur, pour vivre au quotidien de ce pardon ; pardon donné, pardon reçu.

7e dimanche de Pâques C

(Jn 17, 20-26)

Homélie

Juin 2025

« Moi en eux, et toi en moi. » Frères et sœurs, à la fin du long discours de Jésus en saint Jean avant sa Passion, discours qui va des chapitres 13 à 17, le Christ proclame cette parole d’alliance, celle dont nous vivons encore aujourd’hui et dont nous vivrons éternellement : le Fils est en nous, indéfectiblement en nous, et il nous plonge totalement dans l’amour du Père, dans la vie de Dieu. Son amour pour nous, manifesté par son incarnation, démontré par sa passion, révélé par sa résurrection, va jusqu’à vivre en nous, jusqu’à être en nous. Ainsi, quelques jours après avoir fêté l’Ascension - le retour au Ciel du Fils dans notre chair - nous pouvons dire que nous sommes le lieu de Dieu – s’il est possible, bien sûr, de parler d’un lieu pour Dieu. Nous sommes le ciel de Dieu, pour reprendre les paroles du moine cistercien du XIIe siècle originaire de Liège, Guillaume de Saint-Thierry : « Lorsque vous habitez en nous, dit-il à Dieu, nous sommes votre ciel […] ; que nous habitions en vous ou que vous habitiez en nous, c’est pour nous le ciel. » Nous sommes le lieu de l’amour du Père pour le Fils, et du Fils pour le Père, ou plutôt nous sommes assumés, élevés, recueillis en ce lieu. Et si nous savons que Dieu nous aime parce qu’il nous a donné la vie en nous créant ; qu’il nous aime également parce qu’il nous a donné son Fils et que son Fils a livré sa vie pour nous ; mieux encore, nous pourrions dire que nous savons que Dieu nous aime parce qu’il vit en nous, parce qu’il vit son amour en nous, parce qu’il nous donne sa propre force de vie, son propre amour en vivant en nous. Ainsi, la foi chrétienne, la religion de l’incarnation, est finalement révélation de la présence du Dieu-Amour en nous.