Homélies de Dom Armand Veilleux

4 March 2026 – Wednesday of the Second Week of Lent

Jeremiah 18:18-20; Matthew 20:17-28

Homily

We are barely halfway through the second week of Lent, and already the shadow of the cross, but also the light of the resurrection, are looming on the horizon. Jesus begins his long journey to Jerusalem, which will lead Him to Calvary, and He starts to prepare the Twelve for these tragic events, but they do not understand. They expect that, in one way or another, Jesus will establish an earthly kingdom, and each one thinks about the place he will have in this new political universe. The two sons of Zebedee call on their ‘mother’ to obtain good positions in Jesus' government. Jesus takes this opportunity to give everyone, once again, a lesson on the meaning of authority conceived as service and not as power.

5 March 2026 – Thursday of the 2nd week of Lent

Jeremiah 17:5-10; Luke 16:19-31

Homily

An important aspect of the story we have just heard – and this is the case with almost all of Jesus‘ parables – is that we are simply confronted with the facts, and that we – like Jesus’ immediate listeners – must draw lessons and rules for living from these facts themselves. The Gospel gives us the raw facts and leaves it up to each of us to draw conclusions for our own lives, and all of us together, for our society.

5 mars 2025 – jeudi de la 2ème semaine de Carême

Jérémie 17, 5-10; Luc 16, 19-31

Homélie

          Un aspect important du récit que nous venons d’entendre – et cela est le cas de presque toutes les paraboles de Jésus – c’est que nous sommes confrontés simplement aux faits, et que nous – comme les auditeurs immédiats de Jésus – devons déduire des leçons et des règles de vie de ces faits eux-mêmes. L’Évangile nous livre les faits bruts et laisse à chacun de nous d’en tirer les conclusions pour sa propre vie, et nous tous ensemble, pour la société qui est la nôtre.         

          Les faits racontés sont qu’il y avait un riche et un pauvre ; et il n’est pas dit s’il s’agissait d’un bon ou d’un mauvais riche et d’un bon ou d’un mauvais pauvre. Cela est secondaire. L’Évangile nous dit simplement qu’il y avait un riche et un pauvre et comment ils se conduisirent l’un en présence de l’autre durant leur vie. (Un détail intéressant à noter est que le pauvre a un nom ; il est une personne ; il s’appelle Lazare, un nom qui veut dire « Dieu aide ». Quant au riche, il n’est pas nommé. Il représente tous ceux qui se sont laissés aliéner par leur avoir).   Les prophètes – comme Amos -- avaient parlé fortement contre l’oppression des pauvres et l’avaient condamnée. L’attitude de Jésus est différente. Il s’adresse dans cette parabole directement aux Pharisiens et se place en quelque sorte sur leur terrain. Le riche n’est pas décrit comme quelqu’un qui commet l’oppression et l’injustice. Il est tout simplement riche et il jouit de ses richesses, sans se poser aucune question. Le pauvre est tout simplement pauvre. Il ne demande rien, même s’il aimerait bien manger de quelque chose qui tombe de la table du riche.

          Vient ensuite le renversement des rôles, après la mort de l’un et de l’autre. (Ce thème du renversement des rôles après la mort revient très souvent dans l'Évangile de Luc). Le pauvre qui gisait par terre, est emporté par les anges dans le sein d’Abraham (la conception du ciel chez les Pharisiens). Quant au riche, qui reposait sur des divans somptueux pour manger, il est tout simplement mis en terre. Il n’était pas méchant, mais il a vécu toute sa vie dans l’inconscience. Il s’est lié aux réalités d’ici-bas qui l’ont totalement absorbé, et il y reste après sa mort. Il en souffre terriblement, maintenant, et voudrait épargner cette souffrance à ses frères, en leur envoyant des messagers. Ce serait inutile, lui répond Abraham. Ils ont Moïse et les prophètes. S’ils ne les écoutent pas ils n’écouteraient pas quelqu’un qui reviendrait d’entre les morts.

          Cette dernière partie du récit est sans doute la plus importante, car elle souligne la racine de tous les maux : l’aveuglement. Et cela doit nous interpeller particulièrement aujourd’hui. Nos yeux sont-ils ouverts ? La majorité des Chrétiens vivent dans les pays les plus riches du monde et ils sont en général fort peu éveillés aux injustices structurelles et systémiques de notre temps. Ceux qui sont conscients de ces injustices sont les pauvres des pays opprimés. Ils en sont non seulement conscients mais de plus en plus décidés à en rendre conscients les habitants des pays riches, y compris par des méthodes brutales et cruelles. Même si l’on ne peut approuver les méthodes et même s’il faut condamner la violence – toute violence, de quel que côté qu’elle vienne – il faut quand même savoir entendre leur message. N'est-ce pas la mission des contemplatifs/ves de savoir lire les signes des temps à la lumière de l'Évangile?

3 March 2026 – Tuesday of the 2nd week of Lent

Isaiah 1:10, 16-20; Matthew 23:1-12 

Homily

It is rare for Jesus to speak with such severity. He who is so merciful in the face of human weakness becomes extremely severe in the face of the exploitation of man by man and in the face of the pride that consists of attributing to oneself titles and honours that are reserved for God.

3 mars 2026 – mardi de la 2ème semaine de Carême

Isaïe 1, 10.16-20; Matthieu 23,1-12

Homélie 

          Il est rare que Jésus parle avec une telle sévérité. Lui qui est si miséricordieux face à la faiblesse humaine devient extrêmement sévère devant l'exploitation de l'homme par l'homme et devant l'orgueil qui consiste à s'attribuer des titres et des honneurs qui sont réservés à Dieu.

4 mars 2026 – mercredi de la 2ème semaine de Carême

Jérémie 18:18-20; Matthieu 20:17-28

Homélie

Nous sommes à peine au milieu de la deuxième semaine de carême, et déjà l'ombre de la croix, mais aussi la lumière de la résurrection, se dessinent à l'horizon. Jésus entreprend sa longue montée vers Jérusalem, qui le conduira au Calvaire et il commence à préparer les Douze à ces événements tragiques, mais ils n'y comprennent rien. Ils s'attendent à ce que, d'une façon ou d'une autre, Jésus établira un royaume terrestre et chacun pense à la place qu'il aura dans ce nouvel univers politique. Les deux fils de Zébédée font intervenir leur "maman" pour obtenir de bons postes dans le gouvernement de Jésus. Celui-ci en profite pour donner à tous, encore une fois, une leçon sur le sens de l'autorité conçue comme un service et non comme un pouvoir.

28 février 2026 - Samedi de la 1ère semaine de carême

Dt 26, 16-19 ; Mt 5, 43-48

Homélie

Déjà dans l'Ancien Testament, comme nous pouvons le constater en lisant le livre du Deutéronome, l'obéissance à Dieu n'était pas simplement l'observation craintive d'un ensemble de règles. Bien sûr, il y avait de nombreux "commandements et statuts", mais ils devaient être observés avec le cœur et l'âme. Cette observance faisait partie d'une relation avec Dieu. C'était un accord entre Dieu et le peuple, une alliance : Yahvé serait leur Dieu, et ils seraient son peuple. Quant au peuple, il doit marcher dans les voies de Dieu.