Homélies de Dom Armand Veilleux

21 octobre 2026 --Mercredi de la 29ème semaine du TO

Ep 3, 2-12 ; Lc 12, 39-48

Homélie

Nous devons être prêts - non pas parce que la mort peut nous visiter à chaque instant ; non pas parce que la fin du monde peut survenir à chaque instant.  Nous devons être prêts pour l'arrivée du Seigneur car il vient toujours.  Il est l'Emmanuel, qui est toujours avec nous, car il vient toujours nous visiter.

Cette préparation nous est présentée par l'Évangile non pas comme quelque chose de purement individuel, mais plutôt comme une responsabilité ecclésiale.  Jésus ne dit pas : « quand le maître viendra, tu devras laisser derrière toi toutes tes occupations pour faire la purification finale de ta propre âme ».  Non.  Jésus dit : "Heureux l'intendant fidèle et avisé qui n'oublie pas son intendance".

Nous ne possédons rien.  Nous sommes des intendants.  Nous ne possédons pas la foi, nous l'avons reçue comme un trésor que nous devons partager.  Être des témoins est une dimension de notre mission en tant que chrétiens.

Même notre propre charisme religieux ne nous appartient pas.  Il appartient, comme tout charisme, à tout le peuple de Dieu.  Nous ne sommes que ses administrateurs et nous devons rendre compte de notre administration de ce charisme non seulement à Dieu mais à tout le peuple de Dieu.  

Tous ces charismes, nous les avons reçus non pas pour les cacher dans la terre et les rendre intacts au Maître plus tard, mais nous les avons reçus avec la mission de les faire fructifier.

Le plus grand don de tous, nous le recevons dans cette Eucharistie que nous célébrons.  Nous recevons l'amour du Christ pour nous sous la forme de son corps et de sa nourriture.  Cet amour aussi est un trésor dont nous ne sommes que les gardiens.  Nous ne le recevons pas pour le conserver uniquement dans le secret de notre cœur.  Nous le recevons pour le communiquer comme un feu qui doit embraser tout et tous ceux qui nous entourent.

Armand Veilleux

October 21, 2026 --Wednesday of the 29th week of Ordinary Time

Luke 12:39-48

Homily

We must be ready—not because death can come upon us at any moment; not because the end of the world can come at any moment. We must be ready for the coming of the Lord because He is always coming. He is Emmanuel, who is always with us, because He always comes to visit us.

19 October 2026 - Monday of the 29th week

Eph 2, 1-10; Lk 12, 13-21

Homily

Dear brothers and sisters,

This Gospel deals with two of Luke's favorite themes: poverty and prayer. Jesus tells the parable of the rich farmer who wants to build bigger and bigger barns to store all his wheat and everything else he owns. God said to him: ‘ You are a fool. Who will use all that you have stored up for yourself? The lesson about the precariousness of our earthly existence is obvious enough. But this parable is the answer to a prayer, and it is followed by a conclusion.

When we read this Gospel in a community context such as ours, it takes on a special meaning. In community life there are many ways of hoarding. One can hoard a certain number of working tools: books and magazines, for example. But this is limited, out of necessity! You can also accumulate wealth that is not material. You can act to be appreciated and admired, in which case you accumulate esteem, gloriol, if not glory. We can make ourselves indispensable in various hidden ways, and so we accumulate a certain power, and so on. That is why Jesus' last sentence in today's Gospel is a light for us: “ This is what happens to the one who accumulates for himself, instead of being rich for the love of God ”. That is the important point. Everything we do, do we do it with God and the community gathered in his name in mind, or do we do it for ourselves?

We can then go back to the beginning of our Gospel, and to the scene that provoked this long response from Jesus through a parable. A man comes to him and asks him to tell his brother to share his inheritance with him. And Jesus' response is that such things do not concern him. Here we can find an explanation for all the prayers we make that seem to go unanswered. In most cases, these are prayers in which we want God to help us to become rich for ourselves, rather than rich for God.

So let us ask God to purify our hearts of all our selfish preoccupations, to enable us to seek together what is good for the whole community and what can enrich us spiritually for God as a community whose vocation is to be a place of his presence.

Armand VEILLEUX

19 octobre 2026 – lundi de la 29ème semaine

Eph 2, 1-10; Luc 12, 13-21

H O M É L I E

Chers frères et sœurs,

           Cet Évangile aborde deux des thèmes privilégiés de Luc, la pauvreté et la prière.  Jésus raconte la parabole du riche fermier qui veut se construire des greniers toujours plus grands pour y engranger tout son blé et tout ce qu’il possède.  Dieu lui dit : « Tu es stupide.  Tu mourras cette nuit.  À qui tout cela que tu as amassé pour toi-même servira-t-il ? » La leçon sur la précarité de notre existence terrestre est assez évidente.  Mais cette parabole est la réponse à une prière et elle est suivie d’une conclusion.

           Lorsque nous lisons cet Évangile dans un contexte communautaire comme le nôtre, il prend un sens spécial.  Dans une vie communautaire il y a de nombreuses façons d’amasser.  On peut accaparer un certain nombre d’instruments de travail -- de livres et de revues, par exemple.  Mais cela reste, somme toute, limité – par la force des choses ! On peut aussi accumuler diverses richesses d’un ordre autre que matériel.  On peut agir pour se faire apprécier et admirer et on accumule alors de l’estime, de la gloriole, sinon de la gloire.  On peut se rendre indispensable de diverses façons cachées, et on accumule ainsi un certain pouvoir, etc.  Alors la dernière phrase de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui, est pour nous une lumière : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu ».  C’est là le point important.  Tout ce que nous faisons, le faisons-nous en vue de Dieu et de la communauté réunie en son nom ou le faisons-nous pour nous-mêmes ?

           Nous pouvons alors revenir au début de notre Évangile, et à la scène qui a provoqué cette longue réponse de Jésus à travers une parabole.  Un homme était venu le trouver en lui demandant de dire à son frère de partager avec lui son héritage.  Et la réponse de Jésus est que ces sortes de choses ne le concernent pas.  Nous pouvons trouver là une explication de toutes les prières que nous faisons et qui nous semblent rester sans réponse.  Ce sont la plupart du temps des prières où nous voulons que Dieu nous aide à devenir riches pour nous mêmes au lieu de devenir riches pour Dieu. 

           Demandons donc à Dieu de purifier nos coeurs de toutes nos préoccupations égoïstes, pour nous permettre de rechercher ensemble ce qui est bon pour toute la communauté et ce qui peut nous rendre spirituellement riches pour Dieu en tant que communauté ayant pour vocation d’être un lieu de Sa présence.

Armand VEILLEUX

18 octobre 2026 -- 29ème dimanche ordinaire « A »

Is 45,1.4-6a ; 1 Th 1,1-5b ; Mt 22,15-21

H O M É L I E

           Le fait le mieux attesté historiquement – même en dehors des Livres Sacrés -- concernant Jésus de Nazareth c’est qu’il a été jugé et exécuté par les autorités romaines sous une accusation de haute trahison.  Lorsque les Pharisiens, les Scribes et les Prêtres amenèrent Jésus à Ponce Pilate pour le faire condamner à mort et le faire exécuter par les autorités romaines, ils utilisèrent contre lui l’accusation suivante : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation :  il empêche de payer le tribut à César... » (Luc 23,2). Il est donc important d’analyser attentivement l’événement rapporté dans le récit évangélique que nous venons de lire, puisque c’est l’événement qui fut utilisé par les autorités juives pour le faire exécuter comme un agitateur politique.

Mémoire de saint Ignace d'Antioche,

17 octobre 2026

J'ai connu, aux États-Unis, un pasteur baptiste qui venait souvent faire des retraites dans notre monastère de Holy Spirit, en Géorgie.  Il y a plusieurs années, il ne se sentait pas très bien et il est allé voir un médecin. Après une série d'examens, le médecin lui a annoncé qu'il était atteint d'un cancer en phase terminale et qu'il ne lui restait probablement que quelques mois à vivre.  L'homme a accueilli cette nouvelle avec une très grande sérénité et n'a pas semblé perturbé du tout.  Le médecin s'est étonné de cette sérénité et lui a dit : "La plupart des gens sont très perturbés, voire découragés, lorsqu'on leur annonce qu'ils ont un cancer, surtout en phase terminale.  Comment se fait-il que vous soyez si paisible ? La réponse fut : "Eh bien, ma conviction est que nous sommes tous en phase terminale !".

15 October 2026 - Thursday of the 28th week of Ordinary Time

Eph 1:1-10; Lk 11:47-54

Homily

This Gospel text we have just read is a continuation of the one we had yesterday.

In Luke's Gospel, the whole of Jesus' teaching is set in a context of struggle between the kingdom of God, whose coming Jesus announces, and the forces of evil, represented first by the tempter in the desert, then by the increasingly strong opposition that the Pharisees and Scribes offer Jesus, until his long ascent to Jerusalem, where the forces of evil seem to have triumphed over him when he is put to death and laid in the tomb, awaiting the final victory of the Son of God on the morning of the resurrection.